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ASSEMBLEE POPULAIRE DU 30 MAI
THEME : « DES LIEUX DE VIE ALTERNATIFS »
 
 
Composition de l’Assemblée :
16 personnes
Dont 4 femmes, 11 hommes et 1 enfant
 
 
Pour la première fois, l’A.P. s’est déroulée à la campagne. Après un co-voiturage, plutôt mal organisé (deux personnes en moyenne par voiture), nous nous sommes réunis chez Patrice, à Léognan. Des courses avaient été faîtes afin de préparer un barbecue et nous avons ramené des instruments dans le but de mettre un peu plus de musicalité à nos rencontres. Comme pour l’A.P. à Jacques Prévert, nous avons installé le matériel d’enregistrement sonore de Jésus avec l’intention d’en faire par la suite un montage pour une émission de radio sur la Clé Des Ondes.
 
 
Dans un premier temps, nous avons utilisé l’A.P. comme média direct. Nous avons donc pris un petit temps pour s’échanger nos informations :
 
 
Jeudi 1er Juin : Ecouter le 1er enregistrement à J.Prévert 
                          Faire bilan 
                          Réfléchir sur la diffusion 
                         Créer une équipe pour le montage assemblage.
                         Se sont proposés Romain, Ivan, Jésus, Philippe, Céline, Kris et Birdy. Rendez vous chez Jésus à 17h

Vendredi 2 Juin : Repas de quartier de St Michel

Samedi 3 Juin : Fête de soutien à la Clé Des Ondes. Au Sonart, à 20h30

Samedi 3 Juin : Faîtes de la Déviance. A l’Athénée Libertaire, à partir de 15h00

Lundi 5 Juin, à 18h00 : Réunion sur le cloisonnement des différents groupes (Broca3, A.P…)

Jeudi 8 Juin, à 18h30 :
Apéro-Prise de parole sur le problème du logement. Des familles vont se faire expulser. Arrêt Thiers-Benauge. Rue Calixte Camelle

Vendredi 9 Juin : La rue est Broca est bloquée. Peut-être Assemblées Populaires et cuisine autogérée dans la rue

Week-end du 9,10 et 11 Juin : Rencontre Nationale des Indymedias à Toulouse. Une voiture partira de Bordeaux le Vendredi A.M. Contact : Ivan = 0608654494

Le 10 et 11 Juin : Concert pour Immigrés, au BT59

Du 13 au 23 Juillet : Rencontres en Dordogne d’individus portant des projets. Ceci afin de monter ensemble un village autogéré (autoconstruction : yurt, toilettes sèches, tippies,…), monter ensemble des activités artistiques ( clown, théatre, musique, peinture, sculpture,…), faire connaissance afin d’élargir le réseau et partager nos projets… Une Caravane Autogérée partira de ce lieu afin de créer des espaces autonomes sur les différents festivals qui auront lieu durant l’été. Elle aura pour but également de partir à la rencontre des Ecovillages et des communautés en France et/ou en Espagne (l’itinéraire n’est pas déterminé car il se décidera ensemble). Lieu : Bugue, à côté de Lalinde / Contact : Hanna :0627338945
 
Le débat sur le thème « des lieux de vie alternatifs » a donc ensuite commencé :
 
 
a) Nous nous sommes d’abord attardé sur le terme « lieux de vie alternatif ». Chacun s’est exprimé librement. Je retranscris ici, un peu en vrac, en fonction de mes notes, les idées qui sont ressorties durant le tour de parole :
 
« Lieux qui sortent des schémas classiques »
« D’autres modes de fonctionnement existent non basés sur des modes commerciaux ou     hiérarchiques »
« Une autre façon de faire dans le but de gagner de la liberté »
« Sortir du schéma individualiste »
« Ne pas être soumis à des lois économiques du système capitaliste »
« S’organiser différemment d’un point de vue politique et économique »
« Vivre à plusieurs »
« A plusieurs, forcément ! »
« Relations affectives meilleures »
« Vivre autrement ! »
« Seul ou pas seul ? Car il y a des personnes qui ont décidé de vivre seul en dehors du système dans des lieux de vie alternatifs »
 
« Les lieux de vie alternatifs peuvent être un moyen de rechange aux conditions de vie dégradantes des villes. En ville, on est nombreux. Autant vivre bien ! »
 
« L’alternative va vers l’autonomie »
 
« D’un côté, beaucoup de gens ne VEULENT plus vivre dans ce système. D’un autre côté, beaucoup de gens ne PEUVENT plus »
 
« Ce qui est horrible, c’est la solitude qui est présente dans les grandes villes. La solitude est la base du système et elle engendre la violence. »
 
« Concept d’habitacle pour les lieux de vie. Les gens qui vivent dans des lieux de vie se côtoient au quotidien. L’habitacle va donc influencer les relations des individus qui l’habitent. Ce qui déterminera en partie les désirs, les envies et donc par conséquence les projets »
 
« Vivre à plusieurs, c’est quand chacun amène sa pierre à l’édifice en tendant vers l’autonomie. Il faut se responsabiliser soi-même. Esprit à avoir : autogestion, responsabilité commune, collaboration »
 
 
 
b) Ensuite Patrice nous a présenté son lieu de vie en commençant par un petit historique :
 
Au départ, il y a 6 ans. Une personne était locataire du terrain. Elle invita, par la suite des amis. Le nombre de personnes passa donc de 1 à 10 et le loyer fut divisé par le nombre de gens habitant le lieu.
 
Un conflit éclata entre les locataires et la propriétaire. Cette dernière, ne supportant pas le « squat » sur son terrain, décida donc de le vendre. C’est à ce moment là que les locataires décidèrent d’acheter. Après trois années de procès, ils devinrent propriétaires.
 
Ils montèrent alors une SCI (Société Civile Immobilière). Celle-ci permet juridiquement de diviser la propriété en plusieurs parts. Chaque personne, en fonction de ses moyens, est donc devenu propriétaire d’un certain nombre de parts. Par exemple, Patrice détient 5 parts équivalents à 400Euros, pour une durée de 99 ans renouvelable. Personne ne peut vendre ses parts à des individus extérieurs au groupe. Si quelqu’un décide de quitter le lieu, il ne peut vendre ses parts qu’au sein de la communauté. Après la communauté décide collectivement des mesures à prendre.
 
Concernant la SCI, des règles ont été mises en place. Notamment, afin d’être égalitaire pour les prises de décisions, il a été fixé qu’ 1 personne = 1part = 1 voix. Toutes les charges collectives sont divisées égalitairement. Par contre, chacun fait ses travaux individuellement sur sa parcelle de terre. L’entraide se fait naturellement mais elle n’est pas obligatoire. Ceci, dans le but de « choisir » et non de « subir » les personnes de la communauté.
 
A Léognan, dans ce lieu de vie communautaire, une certaine philosophie de groupe se dégage. En effet, pour eux, il est primordial que chaque personne assure en priorité son autonomie et son indépendance individuelle. Le but est de ne pas être « manger » par le collectif. L’entraide existe de manière naturelle mais elle n’est pas formalisée. A noter que, pour l’instant, il n’y a pas d’espaces communs sur le site même si des projets communs existent.
 
Pour illustrer son propos, Patrice donna l’exemple d’une communauté autonome installée en Ariège : La Baluette. Cette dernière fonctionne différemment. Elle possède des espaces collectifs (maisons communes et terrains communs). La gestion est également collective. L’une des principales diffucultés rencontrées là-bas se résume par le fait qu’ils ont finalement très peu de temps pour eux-mêmes. D’après Patrice, l’individu se fait « bouffer » par le collectif.
 
Ainsi, à Léognan, en réponse aux diffucultés rencontrées à la Baluette et après avoir défini ensemble des bases communes, le groupe a préféré que :
                        - chaque individu monte ses projets personnels
                        - chacun doit créer et entretenir son lieu
                        - l’Ego est essentiel (pour le bien-être de l’individu et pour celui du groupe)
 
Après, et seulement après, quand chacun, petit à petit, aura gagné à tous les niveaux son autonomie et son indépendance, les individus composant la communauté se relieront pour tendre vers une autonomie collective.
 
Ainsi, à Léognan, un équilibre se met en place entre l’individu et le collectif. Il n’y a pas de problème par rapport aux règles et il n’y a pas de conflits. L’entraide se fait naturellement. Elle est choisie et non subie.
 
 
c) Ensuite, Yohan qui vit également sur le lieu est intervenu pour nous parler de L’AUTO-CONSTRUCTION et plus spécifiquement des YURTS. Une des revues les plus connues sur les réseaux d’autoconstruction et sur les ECOVILLAGES se nomme « PASSERELLE-ECO ». D’autres réseaux se nomment WWOOF, GEN, le réseau français des EcoVillages,…
 
LIENS INTERNET :
http://www.habiter-autrement.org (réseau d’auto-construction)
http://gen.ecovillage.org (réseau global des Ecovillages)
http://www.rama.1901.org/ev (réseau français des EcoVillages)
http://passerelles.eco.free.fr (réseau PasserelleEco)
http://www.wwoof.org   (réseau wwoof)
 
 
La réunion s’est terminée sur ce dernier point. Nos estomacs criaient famines alors le barbecue s’est mis en place et nous avons allumés le bras zéro pour nous réchauffer vue que la nuit tombait.
 
Il a été noté également qu’il serait intéressant d’organiser d’autres Assemblées Populaires sur ce même thème, toujours en se déplaçant dans des lieux qui se prêteraient au thème du débat (comme chez Patrice). Ces rencontres autour des « lieux de vie alternatifs » pourraient constituer un « atelier » spécifique à l’Assemblée Populaire. Elle permettrait ainsi à des individus intéressés par les « lieux de vie libres et autonomes », de se rencontrer afin de communiquer, d’échanger leurs projets et constituer un réseau sur la région de Bordeaux…A SUIVRE…
 
Compte rendu rédigé le moins subjectivement possible par Ivan.

Assemblée populaire :

 

 25 Mai 2006 à l’école Jacques Prévert

 

 

Suite à l’assemblée populaire du 25 Avril 2006 sur l’éducation, une rencontre a été organisée avec l’école autogéré Jacques Prévert. En effet, cette école nous est apparue comme une bonne alternative à l’éducation nationale et nous avons voulus en savoir d’avantage sur le fonctionnement et la structure de celle-ci.


 

Jacques Prévert est composé d’un lycée et d’un collège comptant une cinquantaine d’élèves et 13 personnes enseignantes. Son mode de fonctionnement est basé sur l’autogestion, l’égalité de tous ces membres et la non spécialisation. Crée il y a 22 ans, elle a fonctionnée 6 ans sans réel statut vis-à-vis de l’état avant d’être reconnu par les institutions.


 

Les personnes à l’origine de ce projet étaient parties d’un constat simple sur les problèmes de l’éducation dans notre société (voir les conclusions de l’assemblée populaire du 25 Avril 2006 pour plus de détails).


 

La méthode d’enseignement est basée en grande partie sur la pédagogie Freinet, dont le principe est de mettre l’accent sur le développement de l’élève qui devient acteur grâce un projet scolaire monté avec les éducateurs. Cette technique a pour but de développer le sens de l’autonomie et d’adaptabilité de l’enfant. Cette technique est centrée sur l’élève.


 

Les règles de vie sont mises en places lors de réunions mensuelles ou tous les acteurs de l’école sont présents. Les parents sont vivement sollicités en vue d’aider les élève à mener à bien leurs projets : le tripartisme élève, parents, enseignants doit servir le développement de l’enfant. La créativité de l’élève et encouragé par des ateliers ou des sorties extrascolaires réalisé avec la collaboration d’intervenants extérieurs.


 

Jacques Prévert veut une relation enseignant - élève différente de celle pratiquée dans l’éducation nationale (le père, l’autorité), toutes les matières sont traitées sur le même pied d’égalité et l’orientation se fait toujours en fonction de la demande de l’élève.


 

Etant une école privée, elle ne reçoit pas de financement de l’état mais les familles qui ne peuvent payer les cotisations annuelles se font aider par l’école qui monte des dossiers de subventions pour le conseil générale. Ce principe permet une relative indépendance vis à vis de l’institution.


 

Le principal problème soulevé par le personnel de l’école se situe au niveau du temps à consacrer à la partie administrative de l’établissement qui doit être géré par l’ensemble du personnel.  Le fonctionnement de l’école nécessite aussi une grande cohérence de l’équipe pédagogique.

 

 

 

Nous tenons à remercier le personnel de l’école pour son accueil et sa disponibilité et espérons que cette assemblée qui fut plus une découverte de l’école Jacques Prévert en amènera d’autres dans lesquels nous pourrons discuter des nombreuses autres alternatives sur l’éducation.


 

Pour plus d’information sur l’école :

 

ECOLE JACQUES PREVERT

 

173 Rue du Jardin Public

 

33300 Bordeaux

 

05 56 79 08 07

 

 

 

Prochaine assemblée populaire prévue le 30 mai 2006 à Léognan sur le thème « des lieux de vie alternatifs ». Rendez-vous est fixé au local Broca III à 16h30.

 

 

Compte-rendu fait par Kris




ASSEMBLEE POPULAIRE DU 18 MAI 2006

 
Nombre de personnes présentes : 12
Hommes :10
Femmes : 2
Enfants : 1
 
 
ORDRE DU JOUR :
 

1) Le 25 MAI assemblee populaire à Jacques Prévert (école autogérée) ou à Bègles(festival)

2) Utilisons nous la radio (Cf Jesus, Clé des Ondes) pour l’A.P. à Jacques Prévert ?

3) Le Blog de l’A.P.
4) Thème pour le 30 Mai

5) Tentative de définition commune de l’A.P. (quinzième édition !) afin de rédiger une brochure permettant de présenter l’A.P.

 
 

1) Initialement, il avait été prévu d’intervenir, en tant qu’A.P., au festival de Bègles, pendant les débats organisés là-bas sur la citoyenneté. Mais l’école de Jacques Prévert ne pouvait nous accueillir que ce même jour. Il nous a semblé important de privilégier ce débat sur l’éducation car il ne pouvait pas se repousser étant donné que Jacques Prévert a un calendrier chargé.

Donc, a été décidé à la majorité de faire une A.P. :

le 25 MAI, à 18H00, au 171, rue du Jardin Public

 
Dilemme qui ont émergé de cette discussion :

            -Est-ce qu’on parle de l’A.P., à l’extérieur, en tant qu’individus ou en tant que membre mandaté par l’A.P. ?

            -Est-ce qu’il peut y avoir plusieurs A.P. en même temps ou est ce qu’il vaut mieux « rester grouper » ?

 

2) Il a été décidé que nous enregistrerons l’A.P. à Jacques Prévert avec le matériel audio de Jesus. Tous supports audio et video ne sont pas à rejeter à condition que les gens présents à l’A.P. l’acceptent. Idem pour l’utilisation ultérieure des enregistrements.

 

3) Réunion mercredi 24 chez Ivan pour le Blog. Rendez-vous à Broca3 à 16h30

 

4) Le Mardi 30 : A.P. sur le théme « des lieux de vie alternatifs »,

à Léognan chez Patrice,

au 240, chemin de Saulx.

Rendez vous à 16H30 à Broca3 pour organiser le convoiturage.

Amenez à boire et manger. On se fait un barbac

 

5) Enfin, après des heures et des heuuures de discussions, nous nous sommes mis d’accord pour un fonctionnement et des principes de base de l’A.P. Un tract et une brochure sera réalisé prochainement.

 
 
 
Compte rendu fait par Patrice, Ivan et Céline.

 



 

Compte-rendu de l’Assemblée Populaire
Du mardi 25 Avril 2006
 
Après une première excursion hors des locaux de Bordeaux II à la place de la victoire, cette huitième Assemblée Populaire s’est déroulée ce mardi 25 avril à l’Athénée Libertaire, 7 rue du Muguet. Elle a réunit quelques 25 personnes autours d’une grande table pour un débat sur l’éducation.
     
Une introduction a été proposée par Céline, plaçant la question de l’éducation comme l’enjeu majeur des dix prochaines années. Quelques chiffres évocateurs…
   
Plus de 20% des français rencontrent des difficultés à lire et/ou à écrire
  • Plus d’enseignants de nos jours que d’élèves en 1950
  • 3% de bacheliers en 1950, 35% en 1985, entre 70 et 80 % en 2005
  • De plus en plus d’étudiants et bacheliers, de plus en plus d’inégalités dans le système scolaire
        
Quelles en sont les causes, pourquoi voit-on opérer dans l’enseignement la reproduction des systèmes sociaux de séparation ?
   
Quelques éléments de réponse : des moyens technologiques de plus en plus présents entraînant des moyens financiers pour leur acquisition de plus en plus importants, des enseignants débordés par les différents rôles qu’ils ont à tenir (rôle du gendarme, santé publique, questions sociales…)
 
 
  
Critiques de l’enseignement et alternatives…
 

 

Pascale a relevé la richesse de l’expérience de Bordeaux II à travers l’occupation et le ré-investissements des locaux par les étudiants et autres actants de la mobilisation : cette lutte et ces moyens ne sont-ils pas une réponse directe, une façon concrète d’explorer les sciences sociales enseignées précisément dans cette université ?
 
Dans quelle mesure ces sciences humaines et sociales enseignées de manière académique servent-elle la société ou pas ? pourquoi ce fossé entre théorie, apprentissage et concret ? pourquoi tous ces savoirs ne sont-ils pas exploités ?
 
Nous avons relevé la volonté urgente de changements dans le fond et la forme des enseignements, le besoin de re-structurer ce modèle d’éducation préalablement pensé par Jules Ferry, ayant pour but de former avant tout une main d’œuvre répondant aux besoins productivistes de la société. Remise en cause de la passivité inculquée à l’école, du fossé grandissant entre la théorie, le savoir et la réalité, les cours magistraux, l’image sacralisée du maître et les rapports de domination…L’absence de l’apprentissage de la parole, de l’écoute et de la réflexion personnelle, crèches à l’abandon, désolidarisation entre parents et école…
   
Des modèles d’éducation populaire ou alternative existent cependant. Nombres de ces alternatives ont vu le jour dans les années 70, destinées dans un premier temps aux enfants des orphelinats. Citons ici les méthodes les plus généralement connues de la « pédagogie Freinet », ou « Montessory ». En quoi consistent-elles ?
 
La pédagogie Freinet, comme de nombreuses méthodes alternatives, placent l’enfant au centre d’une éducation dite « active ». En table-ateliers de 5 à 6 élèves, chacun est responsabilisé par rapport à son propre travail, l’élève travaille pour lui, gère son plan de travail sur une semaine comme il l’entend suivant ses lacunes ou ses avancées. Mise en valeur de l’autonomie, de la différence entre tous les élèves quant à la façon d’apprendre, l’entraide, le développement personnel, l’apprentissage par l’expérience, le concret des jeux ludique, la recherche personnelle et la mise en commun des savoirs…
  
Une des priorités de ces enseignements est avant tout d’apprendre à vivre ensemble.
    
L’existence de ces alternatives soulèvent cependant un certain nombre d’interrogations : pourquoi ne sont-elles pas plus répandues ? Ont-elles leurs limites ?…
       
L’expérience de Nicolas à la Calendrette de Talence nous apprend que seulement 1/3 des enfants sont issus d’un milieu populaire : problème de ces alternatives, ne trouvant pas l’appui de l’état, étant contraintes de relever du privé. Autre soucis : ce sont rarement des initiatives volontaires des enfants d’entrer dans ces types de structures, l’intégration à celles-ci se fait le plus souvent dans l’opposition au système habituel, comme un dernier recourt des parents face aux difficultés de leurs enfants dans le cadre scolaire institutionnel. Enfin, se pose l’adaptation au monde extérieur parfois difficile des enfants sortant des structures alternatives, en décalage avec la passivité des autres élèves plus silencieux, ou plus généralement au mode de fonctionnement de notre société - ne plaçant pas le développement personnel et actif de l’individu comme mot d’ordre établi…
 
 
Education et société…
                

 

L’intervention d’Alain soulève la place et l’enjeu de l’éducation dans un système plus général de société : l’éducation est directement liée à l’économie, aux enjeux de production auxquels l’enseignement devrait répondre dans cette économie capitaliste mondiale. Observons ici la privatisation grandissante des universités, hôpitaux…de plus en plus en lien direct aux entreprises. Citons la faculté Pasqua, présentée comme modèle parce qu’en phase avec les besoins des patrons, dans la même lignée que le modèle anglo-saxon déjà bien en place. Cette volonté gouvernementale et patronale de lier l’éducation aux entreprises, éclaire certainement le manque de moyens accordés aux structures alternatives ainsi que l’essoufflement progressif qu’elles subissent : papiers, normes, lois restrictives quant à la sécurité, l’hygiène, la pression de la DDJS… Comment apporter alors des solutions concrètes au problème de l’éducation ? Faut-il attendre une réformation radicale du fonctionnement économique ? Faut-il réformer (révolutionner) l’école en priorité ?
                    
Ces rapports entre éducation et politique économique peuvent également expliquer en partie l’autre problème soulevé par l’assemblée, à savoir celui de la formation des enseignants. Les recrutements se font, ce que l’on peut regretter, bien souvent sur des critères de « recrachage de données » et non plus par rapport à la « vocation », le désir du futur enseignant à travailler avec l’enfant. L’espoir est pourtant permis, la création de structures alternatives, même fragiles, ne cesse d’augmenter. Même si les programmes restent imposés dans l’éducation nationale, notons tout de même la liberté qu’ont les enseignants dans leur méthode pédagogique. Ces programmes englobant de plus en plus de domaines, les enseignants se voient progressivement forcés de co-opérer et mettre en commun de nouvelles et diverses compétences…
                              
Une des phrases finales de Pascale : l’éducation, on y réfléchi ou on la fait ? L’assemblée Populaire peut être en cela une autre alternative : n’apprenons-nous pas les uns des autres, chômeurs, étudiants, artistes, RMistes, n’apprenons-nous pas à parler, être ensembles, écouter, nous retrouver enfin sur un terrain d’égalité ? Le vaste sujet de l’éducation ne nous ayant pas encore rassasié, nous proposons une prochaine Assemblée sur le thème à l’école Jacques Prévert…Welcome à tous ! Date à venir bientôt. 
     
             
               Informations, liens cités pendant l’assemblée…
               
Ecoles alternatives citées pendant l’assemblée :
· Ecole émancipée
· Université de Vincennes (ouverte aux non diplômés)
· Ecole de Lastrennes Montessoury
· Ecole Martineau (Gradignan)
· Ecole Jacques Prévert ( Bordeaux)
· Summerhill (Fondée par Neill, Angletterre)
 · Pour plus d’info, proposition de site : écolesdifférentes.free.fr
     
    
A vos ordis :
http://echo.levillage.org (avec un village 3d, ça peut toujours donner des idées…)
http://assembleepopulaire.over-blog.org (blog de l’assemblée populaire, pour s’informer, s’inscrire à la liste de diffusion, par curiosité…)
A vos bouquins :
« Tous anormaux »
 « Emancipation » (journal)
           
    
             
PROCHAINE ASSEMBLEE POPULAIRE
MARDI 3 MAI 18 H 30
RIVE DROITE DANS L’ESPACE VERT SUR LES RIVES COTE MEGARAMA
THEME : LES MEDIAS ALTERNATIFS

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Lundi 24 avril 2006
Compte rendu Assemblée populaire du 11 avril
Débat organisé autour du thème du salariat.


Cette quatrième assemblée populaire s'est tenue dans les murs de la faculté et a réuni quelques 80
personnes. La mixité était présente, à la fois dans la provenance des étudiants ( campus et discipline), et la présence de salariés, chômeurs et Rmistes tous venus débattre du salariat.

Le salariat :
Les organisateurs de cette assemblée ont effectué une brève introduction historique sur l'émergence du salariat. Il a été mis en parallèle avec d'autres formes telles que l'esclavage et le servage. Une distinction a également été faite sur l'existence d'un salariat moins soumis à la pression des employeurs (CDD, CDI), et l'existence d'un salariat précaire, ou d'un précariat.


Quelles sont les implications du salariat?
Le salariat induit généralement une possibilité de consommation, ainsi qu'un valorisation du travail comme mode de vie. A travers donc le prisme du travail, et des statuts qui en découlent, se dégage une vision de la société particulière, une société capitaliste, où donc salariat rime avec une appropriation des moyens de production par un petit nombre.

Une explication marxiste:
Le salariat est lié au capitalisme. Il y a donc une différence entre esclave et prolétaire. Selon Karl Marx, l'ouvrier n'est pas payé pour toute sa production, c'est donc ce qui permet à l'entreprise de faire une plus-value sur le travail. L'ouvrier constitue une force de travail que le patron loue, au contraire l'esclave n'est pas payé. C'est avec l'apparition du néo-libéralisme : plus de profit, que différents types de contrats ont émergé.

Une réponse :
La stratégie est si complexe que les rapports établis par Marx ne sons plus totalement valables. La définition du salariat en est modifiée, puisque les salariés participent eux-mêmes à la fois à la production d'une force de travail et à l'acquisition des moyens de production : actions, fonds de pension... Il y a désormais une interaction car l'e salarié devient à la fois exploité et exploiteur. Par exemple, si l'idéal devient "chacun son propre patron", alors on accepte des horaires beaucoup plus chargé que dans un salariat classique. C'est le cas pour les petits patrons.
A l'appui, il existe l'analyse de La Boétie : Discours de la servitude volontaire. Quand chacun participe à la construction de sa propre domination.

L'apprentissage à 14 ans?
Pourquoi pas? Dans quelles conditions?
Dans cette société, ce n'est pas possible car cela n'implique pas la diversité des activités manuelles mais bel et bien l'exercice d'un travail pénible, mal rémunéré, et souvent très fatiguant, empêchant par là le suivi des cours théoriques. Il faudrait inventer des écoles polytechniques, là oui, l'apprentissage est valable. L'apprentissage tel qu'il est proposé à 14 ans est très pénalisant. Ce genre de lois se base sur des pratiques coutumières d'orientation déjà en oeuvre dans les collèges, dans les filières techniques, et rarement repensées.

Quelles sont les possibilités de repenser les phénomènes de production et de consommation induites par le salariat?
L'autonomie et la liberté d'un individu est souvent associée à la "possession" d'un salaire. Est-il possible d'avoir une autonomie sans salaire? Le problème c'est qu'avec le salariat, il est difficile de vraiment contrôler la production, puisqu'il implique un travail pour un niveau de production et donc un minimum horaire de travail, aujourd'hui fixé à 35 heures. Contradiction entre un travail nécessaire à la subsistance "subjective" de chacun et le maintien d'une croissance et d'un niveau de production. En outre, tous les types de richesse sont alignées les unes sur les autres, biens matériels, intellectuels, services... Tous est soumis à ce maintien certes fluctuant du niveau de production
nécessaire.

Et le CPE?
Avzc le CPE, il y a eu apparition du thème de récupération de sa propre activité. cf. Rennes et la création d'un village autogéré; la possibilité de récupérer son temps de travail, de se couper du salariat pour développer sa propre activité; les écovillages montés en SCI, avec gestion autonome, auto-construction... Il y a donc des manières de vivre différemment, mais dans quelles conditions est-ce réellement possible sans se couper du système extérieur?

La société, un système hiérarchique d'exploitation, de domination de l'homme par l'homme?
Il n'y a aucune bienveillance dans les mesures qui sont proposées. l'idée aujourd'hui, c'est qu'on ne peut se socilaiser que par le travail. c'est une manière de nous modifier de l'intérieur... Il existe des manières de travailler, non rémunérées, mais qui sont très utiles : boulots associatifs, bénévolats dans les centres sociaux... Qu'est -ce que le travail? Qu'est-ce qu'un boulot?
Il est difficile de vivre de cette manière. Le RMI est nécessaire. Alors l'auto-gestion est-elle tributaire des subventions? et donc des impôts que certains par leur travail continueront à payer? Et puis, le réinvestissement des charges et taxes dans le social sont-elles vraiment efficaces, dans la mesure où il y a énormément de financements de particuliers pour des causes humanitaires : Aides, Greenpeace...

Un autre système?
La reproduction de ces petites expériences, qui ne sont sont que des petits foyers de résistance ne permet pas de changer les choses, car ce ne sont pas des espaces de construction de la société avec la société... C'est à dire des espaces de construction réciproque de la société, à cause de la marginalité et de leur dépendance au système d'aides.

La grève générale peut-elle aider?
Il y a le rôle de l'Etat à prendre en considération, mais également l'existence de tous ses relais. par exemple l'expérience espagnole "auto-gérée" est tombée par l'action des stalinistes sous Franco...Il faut repenser les solidarités de classe. Et puis que sont les masses? Existent-elles encore? Il y a en fait un rapport de force permanent. Le changement de système ne doit pas tomber du ciel. En Argentine, c'est l'expérience pas à pas des chômeurs qui a amené la possibilité de pouvoir modifier pendant un temps le système, puis il y a eu un crack économique, et l'existence d'une dette externe
de trois fois son PIB...

Quelle est la normalité du système?
Elle réside dans sa logique. dans un gouvernement de droite, voire de gauche, il est normal de proposer le CNE, et le CPE, il est également normal qu'il n'y ait pas de retrait réel...

Comment faire autrement?
Il faut créer du lien. Un des soucis majeur de l'immobilisme du système, c'est celui du désir. Le problème du travail est du salaire se situe peut-être là. On désire travailler pour avoir des thunes, et le désir principal devient consommer. Il y a un détournement du désir : travailler et consommer, ou refuser de travailler pour ne plus consommer. Il y a donc un problème au niveau du collectif. Il n'y a plus de rapport effectif, affectif avec les choses.

Peut-être faut-il reconsidérer l'autre?
Au centre du débat, il y a donc la question du rapport à l'autre. Il y a une difficulté majeure à construire des propos communs en dehors des problématiques collectives : travail et argent. En outre, il y a un problème de récupération des droits, des mouvements, et c'est toujours la même chose... Nous sommes dans des systèmes cycliques, très bien théorisés par les sociologues et les économistes : les régularités des mouvements sociaux.

Comment créer du lien?
Il faut se baser sur l'existant. Depuis les années 1970, la société libérale a créé le système du réseau, certes économique... mais à partir de ce modèle s'est également tissé un sytème d'associations, un système du petit à petit, dont il faut savoir tirer parti, de manière, à en finir avec ce décalage entre les discours et les manières de vivre... L'espoir est là.

Qu'est-ce qui fait entrave?
C'est le problème du regard... Le regard sur l'autre est orienté, préjugé : savant/profane, spécialiste/non spécialiste, patron/salarié, bourgeois/ouvrier... Il y a un processus de culpabilisation, qui est la plus grande entrave au désir... Chacun dans son coin. Les associations sont freinées, elles restent alternatives, puisque les gens sont persuadés d'avoir des intérêts divergents.

Comment impliquer les gens?
C'est là qu'intervient le petit à petit, la création de liens humains, de proche en proche. Par exemple, entre la ville et la campagne. En ville, il y ades contacts humains, des frictions sociales, il y a l'émergnece de tous ces réseaux, desquels émergent les idées. A la campagne, c'est qu'il n'y pas d'emblée cette communication avec les autres. on a moins besoin des autres. Chacun son mode de vie. On ne va détruire la ville, mais transformer celle qui existe déjà en dialoguant avec l'extérieur... et tout doit être comme ça. Il faut dépasser les dialectiques et les oppositions. On ne nous a pas appris à construire en commun ( il peut se renouveller tout le temps) mais à nous diviser pour le
commun, ou à diviser le commun. Nous pouvons faire cet apprentissage tous ensemble.

Prochaine assemblée populaire sur le thème :
Créer des liens, des lieux, un espace commun.

En effet, il nous est apparu nécessaire de construire un espace commun à partir des liens qui se sont formés ici, et des lieux auxquels nous appartenons. L'université est un lieu parmi d'autres qui s'ouvre à ce dialogue. A chacun de s'approprier cet espace, de proposer des thématiques, sous la forme qu'il souhaite et sur le thème qui le concerne, et qu'il aimerait discuter avec les autres. Le tour de parole a pris une autre forme. A chacun de savoir regarder et écouter, laisser la parole à ceux qui parlent moins fort... L'expérience de modération de la parole est en cela très intéressante : Faire tourner, faire couler.

Jeudi 13 avril, 18h30
Amphi Fabre, Université Bordeaux 2, Victoire.

Pour s'incrire sur la liste de diffusion:
http://assembleepopulaire.over-blog.com
Adresse e-mail:
www.assembleepopulaire@no-log.org
Par NOUS!!! - Publié dans : COMPTE-RENDUS des A.P. et des COMMISSIONS
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Dimanche 23 avril 2006

Assemblée populaire

 



L'assemblée populaire s'est organisée de manière spontanée à partir d'une volonté du mouvement de révolte dans les facultées bloquées en France dans les mois de février et mars 2006. Certaines personnes engagées dans la lutte contre un système général qui détruit insidieusement tous nos cadres de vie et renforce l'isolement de tous, ont pris conscience de la nécessité de partager l'expèrience de leur insoummission avec toutes celles et ceux pour qui les conditions de vie organisées par la société marchande sont devenues odieuses et innacceptables.

 

 

 

D'autre part, réalisant la désinformation quotidienne véhiculée par l'ensemble des médias (et en particulier la télévision) au service du système incriminé, elle se doit de multiplier ses propres moyens d'information afin qu'un plus grand nombre ouvre les yeux sur l'outrance générée par nos modes de vie.

 

 

L'assemblée populaire n'appartient à personne. Elle peut-être utilisée par n'importe-qui, n'importe où. Elle peut-être appelée cercle de parole, rassemblement ou autres. Elle commence à partir du nombre 2. Elle tente de renouer avec la démocratie directe c'est à dire l'implication par la parole et les actes de chacun dans toutes les affaires qui concernent une collectivité. Elle ne pourra finalement prendre tout son sens que lorsqu'une nouvelle société aura été inventée sur la base de ces principes . Un de ces principes fondamentaux est l'égalité de chaque individu notamment sur le plan de la prise de parole.

 

 

L'assemblée populaire tend à favoriser l'expression vrai du langage de chacun par ses propres mots et les mondes imaginaires qui y sont associées. Elle refuse la prédominance généralisée de la parole qui s'impose d'en haut : experts, professionnels de la politique, spécialistes de la jeunesse, de la culture, de l’art, de l’insertion sociale, de la santé mentale, de l’humanisme, des problêmes sociaux, de la sexualité, de l’écologie, syndicats, partis, tribuns, idéologues, médias...Elle ne les exclu pas du débat s'ils acceptent ce principe d'égalité. Elle est par ailleurs un combat contre les exclusions. Elle revendique la nécéssité et la liberté qu'engendre la pensée autonome (qui se donne sa loi) en délibération avec celle des autres. C'est une réalisation du débat contradictoire. Elle met en éveil l'imagination créatrice du language. Elle est aussi le lieu de l'écoute et de l'attention portée à l'autre. Elle cherche à multiplier les formes de discussions (tailles et positionnement de l’assemblée dans l’espace, lieux,...) pour permettre au plus grand nombre d’oser s'y exprimer.

 

 

L'assemblée populaire vise à terme l'institution sensée de nouvelles représentations, elle demande la remise en cause de certaines de nos opinions. Cette révolution implique la déconstruction intelligente et intelligible de nombre de nos repères et cloisons que nous nous sommes construites. Cela ne peut se faire notamment sans une certaine conception du temps et de la durée. Voilà pourquoi le geste d'une assemblée populaire doit être répété le plus régulièrement possible afin de pouvoir réellement formuler de nouvelles façons d'envisager les liens sociaux de façon plus juste. Elle se doit de dégager des arguments qui guideront des actes nouveaux et responsables. Elle n'élimine ni le doute ni les erreurs mais les inclus dans sa démarche en remettant constamment nos jugements sur l'établi. 

 

 

 

 

 

Pour toutes ces raisons elle rentre en contradiction profonde avec la démocratie représentative même si elle peut et si elle a coexisté avec elle de façon relativement conflictuelle dans l’histoire de notre société.

 
 

 

 

 

 
                                                                                                                                                                                                                            R.

 

 

 

Par R. - Publié dans : REFLEXIONS PERSONNELLES sur les A.P.
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Dimanche 23 avril 2006

DE LA MISERE EN MILIEU ETUDIANT... une bouteille à la mer datée de 68!!!

 

 

Voici le texte qui a mis le feu aux poudres en 68 en déclenchant le scandale de Strasbourg. Il n'a pas vieilli après 38 années, au contraire!!!

Il permet de cerner la "passivité de l'étudiant" dans la société marchande spectaculaire. Un texte prophétique par son analyse très poussée de la société capitaliste et de sa religion matérialiste : la "pensée unique" ou le "spectacle".


 

Pamphlet

 

De la misère en milieu étudiant:
considérée sous ses aspects économique, politique, psychologique, sexuel et notamment intellectuel et de quelques moyens pour y remédier

 


Nous pouvons affirmer, sans grand risque de nous tromper, que l'étudiant en France est, après le policier et le prêtre, l'être le plus universellement méprisé. Si les raisons pour lesquelles on le méprise sont souvent de fausses raisons qui relèvent de l'idéologie dominante, les raisons pour lesquelles il est effectivement méprisable et méprisé du point de vue de la critique révolutionnaire sont refoulées et inavouées. Les tenants de la fausse contestation savent pourtant les reconnaître, et s'y reconnaître. Ils inversent ce vrai mépris en une admiration complaisante. Ainsi l'impuissante intelligentsia de gauche se pâme devant la prétendue "montée des étudiants", et les organisations bureaucratiques effectivement déclinantes (du parti dit communiste à l'U.N.E.F.) se disputent jalousement  son appui "moral et matériel".

 

 

Toutes les analyses et études entreprises sur le milieu étudiant ont, jusqu'ici, négligé l'essentiel. Jamais elles ne dépassent le point de vue des spécialisations universitaires (psychologie, sociologie, économie), et demeurent donc : fondamentalement erronées. Toutes, elles commettent ce que Fourier appelait déjà une étourderie méthodique "puisqu'elle porte régulièrement sur les questions primordiales", en ignorant le point de vue total de la société moderne {AUJOURD’HUI , ON PARLE DE « GLOBALISATION », DE « MONDIALISATION »}. Le fétichisme des faits masque la catégorie essentielle, et les détails font oublier la totalité. On dit tout de cette société, sauf ce qu'elle est effectivement: marchande et spectaculaire. Les sociologues Bourderon et Passedieu, dans leur enquête "Les Héritiers: les étudiants et la culture" restent désarmés devant les quelques vérités partielles qu'ils ont fini par prouver.

 

La mise en spectacle de la réification sous le capitalisme moderne impose à chacun un rôle dans la passivité généralisée. L'étudiant n'échappe pas à cette loi. Il est un rôle provisoire, qui le prépare au rôle définitif qu'il assumera, en élément positif et conservateur, dans le fonctionnement du système marchand. Rien d'autre qu'une initiation.

 

 

Cette initiation retrouve, magiquement, toutes les caractéristiques de l'initiation mythique. Elle reste totalement coupée de la réalité historique, individuelle et sociale . L'étudiant est un être partagé entre un statut présent et un statut futur nettement tranchés, et dont la limite va être mécaniquement franchie. Sa conscience schizophrénique lui permet de s'isoler dans une "société d'initiation", méconnaît son avenir et s'enchante de l'unité mystique que lui offre un présent à l'abri de l'histoire. Le ressort du renversement de la vérité officielle, c'est-à-dire économique, est tellement simple à démasquer : la réalité étudiante est dure à regarder en face. Dans une "société d'abondance", le statut actuel de l'étudiant est l'extrême pauvreté. Originaires à plus de 80 % des couches dont le revenu est supérieur à celui d'un ouvrier, 90% d'entre eux disposent d'un revenu inférieur à celui du plus simple salarié La misère de l'étudiant reste en deçà de la misère de la société du spectacle, de la nouvelle misère du nouveau prolétariat. En un temps où une partie croissante de la jeunesse s'affranchit de plus en plus des préjugés moraux et de l'autorité familiale pour entrer au plus tôt dans les relations d'exploitation ouverte, l'étudiant se maintient à tous les niveaux dans une "minorité prolongée", irresponsable et docile. Si sa crise juvénile tardive s'oppose quelque peu à sa famille, il accepte sans mal d'être traité en enfant dans les diverses institutions qui régissent sa vie quotidienne.

 

 

Mais les raisons qui fondent notre mépris pour l'étudiant sont d'un tout autre ordre. Elles ne concernent pas seulement sa misère réelle mais sa complaisance envers toutes les misères, sa propension malsaine à consommer béatement de l'aliénation, dans l'espoir, devant le manque d'intérêt général, d'intéresser à son manque particulier. Les exigences du capitalisme moderne font que la majeure partie des étudiants seront tout simplement de petits cadres (c'est-à-dire l'équivalent de ce qu'était au XIX siècle la fonction d'ouvrier qualifié). Devant le caractère misérable, facile à pressentir, de cet avenir plus ou moins proche qui le "dédommagera" de la honteuse misère du présent, l'étudiant préfère se tourner vers son présent et le décorer de prestiges illusoires. La compensation même est trop lamentable pour qu'on s'y attache; les lendemains ne chanteront pas et baigneront fatalement dans la médiocrité. C'est pourquoi il se réfugie dans un présent irréellement vécu.

 

 

Esclave stoïcien, l'étudiant se croit d'autant plus libre que toutes les chaînes de l'autorité le lient. Comme sa nouvelle famille, l'Université, il se prend pour l'être social le plus "autonome" alors qu'il relève directement et conjointement des deux systèmes les plus puissants de l'autorité sociale: la famille et l'Etat. Il est leur enfant rangé et reconnaissant. Suivant la même logique de l'enfant soumis, il participe à toutes les valeurs et mystifications du système, et les concentre en lui. Ce qui était illusions imposées aux employés devient idéologie intériorisée et véhiculée par la masse des futurs petits cadres.

 

Récoltant un peu du prestige en miettes de l'Université, l'étudiant est encore content d'être étudiant. Trop tard. L'enseignement mécanique et spécialisé qu'il reçoit est aussi profondément dégradé (par rapport à l'ancien niveau de la culture générale bourgeoise) que son propre niveau intellectuel. La réalité qui domine tout  cela, le système économique, réclame une fabrication massive d'étudiants incultes et incapables de penser.

 

Que l'Université soit devenue une organisation -institutionnelle- de l'ignorance, que la "haute culture" elle-même se dissolve au rythme de la production en série des professeurs, que tous ces professeurs soient des crétins dont la plupart provoqueraient le chahut de n'importe quel public de lycée - L'étudiant l'ignore. Il continue d'écouter respectueusement ses maîtres, avec la volonté consciente de perdre tout esprit critique afin de mieux communier dans l'illusion mystique d'être devenu un "étudiant". C’est à dire quelqu'un qui s'occupe sérieusement à apprendre un savoir sérieux, dans l'espoir qu'on lui confiera les vérités dernières. C'est une ménopause de l'esprit. Tout ce qui se passe aujourd'hui dans les amphithéâtres des écoles et des facultés sera condamné dans la future société révolutionnaire comme bruit, socialement nocif. D'ores et déjà, l'étudiant fait rire.

 

L'étudiant ne se rend même pas compte que l'histoire altère aussi son dérisoire monde "fermé". La fameuse "Crise de l'Université", détail d'une crise plus générale du capitalisme moderne, reste l'objet d'un dialogue de sourds entre différents spécialistes.

 

 

Les résidus de la vieille idéologie de l'Université libérale bourgeoise se banalisent au moment où sa base sociale disparaît. L'Université a pu se prendre pour une puissance autonome à l'époque du capitalisme de libre-echange et de son Etat libéral, qui lui laissait une certaine liberté marginale. Elle dépendait, en fait, étroitement des besoins de ce type de societé : donner à la minorité privilégiée, qui faisait des études, la culture générale adéquate, avant qu'elle rejoigne les rangs de la classe dirigeante dont elle était à peine sortie.

 

Plus sérieux, et donc plus dangereux, sont les modernistes de la gauche caviare et ceux de l'U.N.E.F. qui revendiquent une "réforme de structure de l'Université", une "réinsertion de l'Université dans la vie sociale et économique", c'est-à-dire son adaptation aux besoins du capitalisme moderne. De dispensatrices de la "culture générale" à l'usage des classes dirigeantes, les diverses facultés et écoles, encore parées de prestiges anachroniques, sont transformées en usines d'élevage hâtif de petits cadres et de cadres moyens.  Le système marchand et ses serviteurs modernes, voila l'ennemi !!!

 

Mais il est normal que tout ce débat passe par-dessus la tête de l'étudiant, dans le ciel de ses maîtres. L'ensemble de sa vie lui échappe totalement.

 

De par sa situation économique d'extrême pauvreté, l'étudiant est condamné à un certain mode de survie très peu enviable. Mais toujours content de son être, il érige sa triviale misère en "style de vie" original: le misérabilisme et la bohème. Or, la "bohème", déjà loin d'être une solution originale, n'est jamais authentiquement vécue qu'après une rupture complète et irréversible avec le milieu universitaire. Ses partisans parmi les étudiants ne font donc que s'accrocher à une version factice et dégradée de ce qui n'est, dans le meilleur des cas, qu'une médiocre solution individuelle…

 

Ces "originaux" continuent, trente ans après W. Reich, cet excellent éducateur de la jeunesse, à avoir les comportements érotiques-amoureux les plus traditionnels, reproduisant les rapports généraux de la société de classes dans leurs rapports inter-sexuels. L'aptitude de l'étudiant à faire un militant de tout acabit en dit long sur son impuissance.

 

 

Sans y être contraint, il sépare de lui-même travail et loisirs, tout en proclamant un hypocrite mépris pour les "bosseurs" et les "bêtes à concours". Il entérine toutes les séparations et va ensuite gémir dans divers "cercles" religieux, sportifs, politiques ou syndicaux, sur la non communication. Il est si bête et si malheureux qu'il va même jusqu'à se confier spontanément et en masse au contrôle parapolicier des psychiatres et psychologues. Tout ceci mis en place à son usage par l'avant-garde de l'oppression moderne, dans une démarche de psychiatrisation de la misère. Tout être qui refuse son rôle de petits soldats du système marchand se voit enfermé dans la catégorie : « mentalement inadapté ».

 

 

Mais la misère réelle de la vie quotidienne étudiante trouve sa compensation immédiate, fantastique, dans son principal opium: la marchandise culturelle. Dans le spectacle culturel, l'étudiant retrouve naturellement sa place de disciple respectueux. Proche du lieu de production sans jamais y accéder. Le Sanctuaire lui reste interdit. L’étudiant découvre la "culture moderne" en spectateur admiratif. A une époque où l'art est mort, il reste le principal fidèle des théâtres et des ciné-clubs, et le plus avide consommateur de son cadavre congelé et diffusé sous cellophane dans les supermarchés pour les ménagères de l'abondance. II y participe sans réserve, sans arrière-pensée et sans distance. C'est son élément naturel. Si les "maisons de la culture" n'existaient pas, I'étudiant les aurait inventées.

 

Dans son application, il se croit. d'avant-garde parce qu'il a vu le dernier Godard, acheté le dernier livre argumentiste, participé au dernier happening de Lapassade, ce con. Cet ignorant prend pour des nouveautés "révolutionnaires", garanties par label, les plus pâles ersatz d'anciennes recherches effectivement importantes en leur temps, édulcorées à l'intention du marché. La question est de toujours préserver son standing culturel. L'étudiant est fier d'acheter, comme tout le monde, les rééditions en livre de poche d'une série de textes importants et difficiles que la "culture de masse" répand à une cadence accélérée. Seulement, il ne sait pas lire. Il se contente de les consommer du regard.

 

 

Ses lectures préférées restent la presse spécialisée qui orchestre la consommation délirante des gadgets culturels; docilement, il accepte ses oukases publicitaires et en fait la reférence-standard de ses goûts. IL fait encore ses délices de l'Express et de l'Observateur, ou bien il croit que le Monde, dont le style est déjà trop difficile pour lui, est vraiment un journal "objectif" qui reflète l'actualité. C'est avec de tels guides qu'il croit participer au monde moderne et s'initier à la politique.

 

Car l'étudiant, plus que partout ailleurs, est content d'être politisé. Seulement, il ignore qu'il y participe à travers le même spectacle. Ainsi se réapproprie-t-il tous les restes en lambeaux ridicules d'une gauche qui fut anéantie voilà plus de quarante ans, par le réformisme "socialiste" et par la contre-révolution stalinienne. Cela, il l'ignore encore, alors que le Pouvoir le sait clairement, et les ouvriers d'une façon confuse. Il participe, avec une fierté débile, aux manifestations les plus dérisoires qui n'attirent que lui. La fausse conscience politique se trouve chez lui à I'état pur, et l'étudiant constitue la base idéale pour les manipulations des bureaucrates fantomatiques des organisations mourantes (du Parti dit Communiste à l'U.N.E.F.).

 

 

Certes, il existe tout de même, parmi les étudiants, des gens d'un niveau intellectuel suffisant. Ceux-là dominent sans fatigue les misérables contrôles de capacité prévus pour les médiocres, et ils les dominent justement parce qu'ils ont compris le système, parce qu'ils le méprisent et se savent ses ennemis. Ils prennent dans le système des études ce qu'il a de meilleur : les bourses. Profitant des failles du contrôle, que sa logique propre oblige actuellement et ici à garder un petit secteur purement intellectuel, la "recherche", ils vont tranquillement porter le trouble au plus haut niveau : leur mépris ouvert à l'égard du système va de pair avec la lucidité qui leur permet justement d'être plus forts que les valets du système, et tout d'abord intellectuellement.

 

Les gens dont nous parlons figurent en fait déjà parmi les théoriciens du mouvement révolutionnaire qui vient, et se flattent d'être aussi connus que lui quand on va commencer à en parler. Ils ne cachent à personne que ce qu'ils prennent si aisément au "système des études" est utilisé pour sa destruction. Car l'étudiant ne peut se révolter contre rien sans se révolter contre ses études, et la nécessité de cette révolte se fait sentir moins naturellement que chez l'ouvrier, qui se révolte spontanément contre sa condition.

 

Mais l'étudiant est un produit de la société moderne, au même titre que Godard et le Coca-Cola. Son extrême aliénation ne peut être contestée que par la contestation de la société toute entière… Partout où la société moderne commence à être contestée, il y a révolte de la jeunesse, qui correspond immédiatement à une critique totale du comportement étudiant.

 

 

Après une longue période de sommeil léthargique et de contre-révolution permanente, s'esquisse, depuis quelques années, une nouvelle période de contestation dont la jeunesse semble être la porteuse. La révolte de la jeunesse contre le mode de vie qu'on lui impose n'est, en réalité, que le signe avant-coureur d'une subversion plus vaste qui englobera l'ensemble de ceux qui éprouvent de plus en plus l'impossibilité de vivre, le prélude à la prochaine époque révolutionnaire. Ainsi ramène-t-on une nouvelle jeunesse de la révolte à l'éternelle révolte de la jeunesse, renaissant à chaque génération . La "révolte des jeunes "a été et est encore l'objet d'une véritable inflation journalistique qui en fait le spectacle d'une "révolte" possible à donner contempler pour empêcher qu'on la vive. En réalité, s'il y a un problème de la "jeunesse" dans la société moderne, c'est que la crise profonde de cette société est ressentie avec le plus d'acuité par la jeunesse. Ce qui doit surprendre, ce n'est pas tant que la jeunesse soit révoltée, mais que les "adultes" soient si résignés. Ceci n'a pas une explication mythologique, mais historique : la génération précédente a connu toutes les défaites et consommé tous les mensonges de la période de désagrégation honteuse du mouvement révolutionnaire.

 

Considérée en elle même, la "Jeunesse" est un mythe publicitaire déjà profondément lié au mode de production capitaliste, comme expression de son dynamisme. Cette illusoire primauté de la jeunesse est devenue possible avec le redémarrage de l'économie, après la Deuxième Guerre mondiale, par suite de l'entrée en masse sur le marché de toute une catégorie de consommateurs plus malléables. Soit un rôle qui assure un brevet d'intégration à la société du spectacle. Mais l'explication dominante du monde se trouve de nouveau en contradiction avec la réalité socio-économique (car en retard sur elle), et, c'est justement la jeunesse qui, la première, affirme une irrésistible fureur de vivre et s'insurge spontanément contre l'ennui quotidien et le temps mort que le vieux monde continue à secréter à travers ses différentes modernisations. La fraction révoltée de la jeunesse exprime le pur refus sans la conscience d'une perspective de dépassement, son refus nihiliste. Cette perspective se cherche et se constitue partout dans le monde. Il lui faut atteindre la cohérence de la critique théorique et l'organisation pratique de cette cohérence.

 

 

Au niveau le plus sommaire, les "Blousons noirs"{PENSONS AUX EMEUTES EN 2006}, dans tous les pays, expriment avec le plus de violence apparente le refus de s'intégrer. Mais le caractère abstrait de leur refus ne leur laisse aucune chance d'échapper aux contradictions d'un système dont ils sont le produit négatif spontané. Les "Blousons noirs" sont produits par tous les côtés de l'ordre actuel : l'urbanisme des grands ensembles, la décomposition des valeurs, l'extension des loisirs consommables de plus en plus ennuyeux, le contrôle humaniste-policier de plus en plus étendu à toute la vie quotidienne, la survivance économique de la cellule familiale privée de toute signification. Ils méprisent le travail mais ils acceptent les marchandises. Ils voudraient avoir tout ce que la publiccité leur montre, tout de suite et sans qu'ils puissent le payer. Cette contradiction fondamentale domine toute leur existence, et c'est le cadre qui emprisonne leur tentative d'affirmation pour la recherche d'une véritable liberté dans l'emploi du temps, l'affirmation individuelle et la constitution d'une sorte de communauté. (Seulement, de telles micro-communautés recomposent, en marge de la société développée, un primitivisme où la misère recrée inéluctablement la hiérarchie de la bande. Cette hiérarchie, qui ne peut s'affirmer que dans la lutte contre d'autres bandes, isole chaque bande et, dans chaque bande, l'individu). Pour sortir de cette contradiction, le "Blouson noir" devra finalement travailler pour acheter des marchandises -et là tout un secteur de la production est expressément fabriqué pour sa récupération en tant que consommateurs (motos, guitares électriques, vêtements, disques, etc.)- ou bien il doit s'attaquer aux lois de la marchandise, soit de façon primaire en la volant, soit d'une façon consciente en s'élevant à la critique révolutionnaire du monde de la marchandise { SEUL LE PILLAGE PERMET DE DESACRALISER UNE MARCHANDISE CAR CELLE-CI PREND SA VALEUR DU FAIT QU’ELLE EST SEPAREE A TOUS JAMAIS DU PRECAIRE PAR UNE VITRINE … C’ EST APRES L’AVOIR BRISEE QUE LA MARCHANDISE APPARAIT COMME ELLE EST VRAIMENT : INUTILE !}. La consommation adoucit les moeurs de ces jeunes révoltés, et leur révolte retombe dans le pire conformisme. Le monde des Blousons noirs n'a d'autre issue que la prise de conscience révolutionnaire ou l'obéissance aveugle dans les usines.

 

 

"Etre d'avant-garde, c'est marcher au pas de la réalité". La critique radicale du monde moderne doit avoir maintenant pour objet et pour objectif la "totalité". Elle doit porter indissolublement sur son passé réel, sur ce qu'il est effectivement et sur les perspectives de sa transformation. C'est que, pour pouvoir dire toute la vérité du monde actuel et, a fortiori , pour formuler le projet de sa subversion totale, il faut être capable de révéler toute son histoire cachée, c'est à dire regarder d'une façon totalement démystifiée et fondamentalement critique, l'histoire de tout le mouvement révolutionnaire international, inaugurée voilà plus d'un siècle par le prolétariat des pays d'Occident, ses "échecs" et ses "victoires".

 

"Ce mouvement contre l'ensemble de l'organisation du vieux monde est depuis longtemps fini" et a échoué . Sa dernière manifestation historique étant la défaite de la révolution prolétarienne en Espagne (à Barcelone, en mai 1937). Cependant, ses "échecs" officiels, comme ses "victoires" officielles, doivent être jugés à la lumière de leurs prolongements, et leurs vérités rétablies. Ainsi, nous pouvons affirmer qu'"il y a des défaites qui sont des victoires et des victoires plus honteuses que des défaites". La première grande "défaite" du pouvoir prolétarien, la Commune de Paris, est en réalité sa première grande victoire car, pour la première fois, le Prolétariat primitif a affirmé sa capacité historique de diriger d'une façon libre tous les aspects de la vie sociale. De même que sa première grande "victoire", la révolution bolchévique, n'est en définitive que sa défaite la plus lourde de conséquences. Le triomphe de l'ordre bolchevik coïncide avec le mouvement de contre-révolution internationale qui commença avec l'écrasement des Spartakistes par la "Social-démocratie" allemande. Leur triomphe commun était plus profond que leur opposition apparente, et cet odre bolchevik n'était, en définitive, qu'un déguisement nouveau et une figure particulière de l'ordre ancien. Les résultats de la contre-révolution russe furent, à l'intérieur, l'établissement et le développement d'un nouveau mode d'exploitation, le capitalisme bureaucratique d'Etat et, à l'extérieur, la multiplication des sections de l'Internationale dite communiste, succursales destinées à le défendre et à répandre son modèle. Le capitalisme, sous ses différentes variantes bureaucratiques et bourgeoises, florissait de nouveau sur les cadavres des marins de Kronstadt et des paysans d'Ukraine, des ouvriers de Berlin, Kiel, Turin, Shangaï, et plus tard de Barcelone.

 

La IIIº Internationale, apparemment créée par les Bolcheviks pour lutter contre les débris de la social-démocratie réformiste de la IIº Internationale, et grouper l'avant-garde prolétarienne dans les "partis communistes révolutionnaires", était trop liée à ses créateurs et à leurs intérêts pour pouvoir réaliser, où que ce soit, la véritable révolution socialiste . En fait la IIº Internationale était la vérité de la IIIº. Très tôt, le modèle russe s'imposa aux organisations ouvrières d'Occident, et leurs évolutions furent une seule et même chose. A la dictature totalitaire de la Bureaucratie, nouvelle classe dirigeante, sur le prolétariat russe, correspondait au sein de ces organisations la domination d'une couche de bureaucrates politiques et syndicaux sur la grande masse des ouvriers, dont les intérêts sont devenus franchement contradictoires avec les siens. Le monstre stalinien hantait la conscience ouvrière, tandis que le Capitalisme, en voie de bureaucratisation et de surdéveloppement, résolvait ses crises internes et affirmait tout fièrement sa nouvelle victoire, qu'il prétend permanente. Une même forme sociale, apparemment divergente et variée, s'empare du monde, et les principes du vieux monde continuent à gouverner notre monde moderne . Les morts hantent encore les cerveaux des vivants.

 

Au sein de ce monde, des organisations prétendument révolutionnaires ne font que le combattre apparemment, sur son terrain propre, à travers les plus grandes mystifications. Toutes se réclament d'idéologies plus ou moins pétrifiées, et ne font en définitive que participer à la consolidation de l'ordre dominant. Les syndicats et les partis politiques forgés par la classe ouvrière pour sa propre émancipation sont devenus de simples régulateurs du système, propriété privée de dirigeants qui travaillent à leur émancipation particulière et trouvent un statut dans la classe dirigeante d'une société qu'ils ne pensent jamais mettre en question. Le programme réel de ces syndicats et partis ne fait que reprendre platement la phraséologie "révolutionnaire" et appliquer en fait les mots d'ordre du réformisme le plus édulcoré, puisque le capitalisme lui-même se fait officiellement réformiste. Là où ils ont pu prendre le pouvoir -dans des pays plus arriérés que la Russie- ce n'était que pour reproduire le modèle stalinien du totalitarisme contre révolutionnaire. Dans un monde fondamentalement mensonger, ils sont les porteurs du mensonge le plus radical, et travaillent à la pérennité de la dictature universelle de l'Economie et de l'Etat. Comme l'affirment les situationnistes,  un modèle social universellement dominant, qui tend à l'autorégulation totalitaire, n'est qu'apparemment combattu par des fausses contestations posées en permanence sur son propre terrain, illusions qui, au contraire, renforcent ce modèle. Le syndicalisme étudiant n'est dans tout cela que la caricature d'une caricature, la répétition burlesque et inutile d'un syndicalisme dégénéré.

 

La dénonciation théorique et pratique du stalinisme sous toutes ses formes doit être la banalité de base de toutes les futures organisations révolutionnaires. Il est clair qu'en France, par exemple, où le retard économique recule encore la conscience de la crise, le mouvement révolutionnaire ne pourra renaître que sur les ruines du stalinisme anéanti.

 

 

Celle-ci doit elle-même rompre définitivement , avec sa propre préhistoire, et tirer toute sa poésie de l'avenir. Les "Bolcheviks ressuscités" qui jouent la farce du "militantisme" dans les différents groupuscules gauchistes, sont des relents du passé, et en aucune manière n’annoncent l'avenir. Epaves du grand naufrage de la "révolution trahie", ils se présentent comme les fidèles tenants de l'orthodoxie bolchevique : la défense de l'U.R.S.S. est leur indépassable fidélité et leur scandaleuse démission.

 

Ils ne peuvent plus entretenir d'illusions que dans les fameux pays sous-développés où ils entérinenet eux-mêmes le sous-développement théorique. De Partisans (organe des stalino-trotskismes réconciliés) à toutes les tendances et demi-tendances qui se disputent "Trotsky" à l'intérieur et à l'extérieur de la IVº Internationale, règne une même idéologie révolutionnaire, et une même incapacité pratique et théorique de comprendre les problèmes du monde moderne. Quarante années d'histoire contre-révolutionnaire les séparent de la Révolution. Ils ont tort parce qu'ils ne sont plus en 1920 et, en 1920, ils avaient déjà tort.

 

Quant aux divers groupuscules "anarchistes", ils ne sont aujourd’hui que les gardiens de la mémoire collective et de la véritable histoire des peuples. Par manque de pratiques depuis l’insurrection libertaire de 1936, ils ne possèdent rien d'autre, que cette idéologie réduite à une simple étiquette. « Rien n’est plus pratique qu’une bonne théorie » s’est oublié par manque de pratique.

 

La société dominante, qui se flatte de sa modernisation permanente, doit maintenant trouver à qui parler, c'est à dire à la négation modernisée qu'elle produit elle-même : "Laissons maintenant aux morts le soin d'enterrer leurs morts et de les pleurer." Les démystifications pratiques du mouvement historique débarrassent la conscience révolutionnaire des fantômes qui la hantaient ; la révolution de la vie quotidienne se trouve face à face avec les tâches immenses qu'elle doit accomplir. La révolution, comme la vie qu'elle annonce, est à réinventer. Si le projet révolutionnaire reste fondamentalement le même : l'abolition de la société de classes, les conditions dans lesquelles il se forme n'ont été  nulle part radicalement transformées. Il s'agit de le reprendre avec un radicalisme et une cohérence accrus par l'expérience de la faillite de ses anciens porteurs, afin d'éviter que sa réalisation fragmentaire n'entraîne une nouvelle division de la société. {NOUS NE POUVONS PLUS NOUS PERMETTRE D’ETRE RECUPERE ! PLUS LE DROIT D’ECHOUER !}

 

La lutte entre le pouvoir et le nouveau prolétariat ne pouvant se faire que sur la totalité, le futur mouvement révolutionnaire doit abolir, en son sein, tout ce qui tend à reproduire les produits aliénés du système marchand : il doit en être, en même temps, la critique vivante et la négation qui porte en elle tous les éléments du dépassement possible. Comme l'a bien vu Lukács, l'organisation révolutionnaire est cette médiation nécessaire entre la théorie et la pratique, entre l'homme et l'histoire, entre la masse des travailleurs et le prolétariat constitué en classe. Les tendances et divergences "théoriques" doivent immédiatement se transformer en question d'organisation si elles veulent montrer la voie de leur réalisation. La question de l'organisation sera le jugement dernier du nouveau mouvement révolutionnaire, le tribunal devant lequel sera jugée la cohérence de son projet essentiel : la réalisation internationale du pouvoir absolu des Conseils Ouvriers , tel qu'il a été esquissé par l'expérience des révolutions prolétariennes de ce siècle. Une telle organisation doit mettre en avant la critique radicale de tout ce qui fonde la société qu'elle combat, à savoir : la production marchande, l'idéologie sous tous ses déguisements, l'Etat et les scissions qu'il impose.

 

La scission entre théorie et pratique a été le roc contre lequel a buté le vieux mouvement révolutionnaire. Seuls, les plus hauts moments des luttes prolétariennes ont dépassé cette scission pour retrouver leur vérité. Aucune organisation n'a encore sauté ce Rhodus. L'idéologie, si "révolutionnaire" qu'elle puisse être, est toujours au service des maîtres, le signal d'alarme qui désigne l'ennemi déguisé. C'est pourquoi la critique de l'idéologie doit être, en dernière analyse, le problème central de l'organisation révolutionnaire. Seul, le monde aliéné produit le mensonge, et celui-ci ne saurait réapparaître à l'intérieur de ce qui prétend porter la vérité sociale. La seule condition en étant que cette organisation ne se transforme elle-même en un mensonge de plus dans un monde fondamentalement mensonger.

 

 

L'organisation révolutionnaire qui projette de réaliser le pouvoir absolu des Conseils Ouvriers doit être le milieu où s'esquissent tous les aspects positifs de ce pouvoir. Aussi doit-elle mener une lutte à mort contre la théorie léniniste de l'organisation. La révolution de 1905 et l'organisation spontanée des travailleurs russes en Soviets était déjà une critique en actes de cette théorie néfaste. Mais le mouvement bolchevik persistait à croire que la spontanéité ouvrière ne pouvait dépasser la conscience "trade-unioniste". Ce qui revenait à décapiter le prolétariat pour permettre au parti de prendre la "tête" de la Révolution. On ne peut contester, aussi impitoyablement que l'a fait Lénine, la capacité historique du prolétariat de s'émanciper par lui-même, sans contester sa capacité de gérer totalement la société future. Dans une telle perspective, le slogan "tout le pouvoir aux Soviets" ne signifiait rien d'autre que la conquête des Soviets par le Parti, l'instauration de l'Etat du parti à la place de "l'Etat" dépérissant du prolétariat en armes.

 

C'est pourtant ce slogan qu'il faut reprendre radicalement et en le débarrassant des arrière-pensées bolcheviques. Le prolétariat ne peut s'adonner au jeu de la révolution que pour gagner tout un monde, autrement il n'est rien. La forme unique de son pouvoir, l'autogestion généralisée, ne peut être partagée avec aucune autre force. Parce qu'il est la dissolution effective de tous les pouvoirs, il ne saurait tolérer aucune limitation (géographique ou autre) ; les compromis qu'il accepte se transforment immédiatement en compromissions, en démission. "L'autogestion doit être à la fois le moyen et la fin de la lutte actuelle. Elle est non seulement l'enjeu de la lutte, mais sa forme adéquate. Elle est pour elle-même la matière qu'elle travaille et sa propre présupposition".

 

 

La critique unitaire du monde est la garantie de la cohérence et de la vérité de l'organisation révolutionnaire. Tolérer l'existence des systèmes d'oppression (parce qu'ils portent la défroque "révolutionnaire", par exemple), dans un point du monde, c'est reconnaître la légitimité de l'oppression.

 

Le principe de la production marchande, c'est la perte de soi dans la création chaotique et inconsciente d'un monde qui échappe totalement à ses créateurs. Le noyau radicalement révolutionnaire de l'autogestion généralisée, c'est, au contraire, la direction consciente par tous de l'ensemble de la vie. L'autogestion de l'aliénation marchande ne ferait de tous les hommes que les programmateurs de leur propre survie : c'est la quadrature du cercle. La tâche des Conseils Ouvriers ne sera donc pas l'autogestion du monde existant, mais sa transformation qualitative ininterrompue : le dépassement concret de la marchandise.

 

Ce dépassement implique naturellement la suppression du travail et son remplacement par un nouveau type d'activité libre, donc l'abolition d'une des scissions fondamentales de la société moderne, entre un travail de plus en plus réifié et des loisirs consommés passivement. C'est au travail lui-même qu'il faut s'en prendre. Loin d’être une "utopie", sa suppression est la condition première du dépassement effectif de la société marchande, de l'abolition -dans la vie quotidienne de chacun- de la séparation entre le "temps libre" et le "temps de travail", secteurs complémentaires d'une vie aliénée, où se projette indéfiniment la contradiction interne de la marchandise entre valeur d'usage et valeur d'échange. Et c'est seulement au-delà de cette opposition que les hommes pourront faire de leur activité vitale un objet de leur volonté et de leur conscience, et se contempler eux-mêmes dans un monde qu'ils ont eux-mêmes créé.

 

La domination consciente de l'histoire par les hommes qui la font, voilà tout le projet révolutionnaire. L'histoire moderne, comme toute l'histoire passée, est le produit de la praxis sociale, le résultat -inconscient- de toutes les activités humaines. A l'époque de sa domination totalitaire, le capitalisme a produit sa nouvelle religion : le spectacle. Le spectacle est la réalisation terrestre de l'idéologie. Jamais le monde n'a si bien marché sur la tête. "Et comme la critique de la religion, la critique du spectacle est aujourd'hui la condition première de toute critique".

 

 

C'est que le problème de la révolution est historiquement posé à l'humanité. L'accumulation de plus en plus grandiose des moyens matériels et techniques n'a d'égale que l'insatisfaction de plus en plus profonde de tous. La bourgeoisie et son héritière à l'Est, la bureaucratie, ne peuvent avoir le mode d'emploi de ce surdéveloppement qui sera la base de la poésie de l'avenir, justement parce qu'elles travaillent, toutes les deux, au maintien d'un ordre ancien. Elles ont tout au plus le secret de son usage policier. Elles ne font qu'accumuler le Capital et donc le prolétariat ; est prolétaire celui qui n'a aucun pouvoir sur l'emploi de sa vie, et qui le sait. La chance historique du nouveau prolétariat est d'être le seul héritier conséquent de la richesse sans valeur du monde bourgeois qui est à  transformer et à dépasser dans le sens de l'homme total poursuivant l'appropriation totale de la nature et de lui même. Cette réalisation de la nature de l'homme ne peut avoir de sens que par la satisfaction sans bornes et la multiplication infinie des désirs réels que le spectacle refoule dans les zones lointaines de l'inconscient révolutionnaire, et qu'il n'est capable de réaliser que fantastiquement dans le délire onirique de sa publicité. C'est que la réalisation effective des désirs réels, c'est-à-dire l'abolition de tous les pseudo-besoins et désirs que le système crée quotidiennement pour perpétuer son pouvoir, ne peut se faire sans la suppression du spectacle marchand et son dépassement positif.

 

 

L'histoire moderne ne peut être libérée, et ses acquisitions innombrables librement utilisées, que par des forces qu'elle refoule. Car, en effet, les travailleurs sont sans pouvoir sur les conditions, le sens et le produit de leurs activités. Comme le prolétariat était déjà, au XIXº siècle, l'héritier de la philosophie, il est en plus devenu l'héritier de l'art moderne et de la première critique consciente de la vie quotidienne. Il ne peut se supprimer sans réaliser, en même temps, l'art et la philosophie. Transformer le monde et changer la vie sont pour lui une seule et même chose, les mots d'ordre inséparables qui accompagneront sa suppression en tant que classe, la dissolution de la société présente en tant que règne de la nécessité, et l'accession enfin possible au règne de la liberté. La critique radicale et la reconstruction libre de toutes les conduites et valeurs imposées par la réalité aliénée sont son programme maximum, et la créativité libérée dans la construction de tous les moments et événements de la vie est la seule poésie qu'il pourra reconnaître, la poésie faite par tous, le commencement de la fête révolutionnaire. Les révolutions prolétariennes seront des fêtes ou ne seront pas, car la vie qu'elles annoncent sera elle-même créée sous le signe de la fête. Le jeu est la rationalité ultime de cette fête, vivre sans temps mort et jouir sans entraves sont les seules règles qu'il pourra reconnaître.

 

Par T.Rible!!! - Publié dans : TEXTES DE FOND pour l'insurrection des neurones!!!
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Samedi 22 avril 2006
Un monde plus con... C'est possible !!!

           Mieux que le CPE ou le CNE, le CEE (contrat d’existence à l’essai ).

 

 

Le contrat prend effet dés la naissance et se prolonge à vie. Mais attention. Pendant toute la période du contrat, le « contractuel » sera à l’essai.

 

            A tout moment de son existence il pourra être : écolier, encaserné, marié, excommunié, exploité, licencié, expulsé, emprisonné, matraqué, violé, torturé, humilié, pourchassé, jugé, génocidé, gazé, massacré, décrédibilisé, entubé, syndiqué, enrôlé, déprimé, hospitalisé, critiqué, éduqué, flic-é, largué, cadré, sociabilisé, radié, débilisé, enfermé, pourchassé, aliéné, etc ... etc… etc...           

 

             Mais attention ce contrat d’existence à l’essai n’est pas renouvelable, car quand il prend fin….. l’intéressé sera mort et enterré.

 

 

patrice

 

GIGN(groupe d’intervention gaillardement nuisible)

 

Par PatGIGN - Publié dans : TEXTES DE FOND pour l'insurrection des neurones!!!
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Samedi 22 avril 2006

"CECI N'EST PAS UN MOUVEMENT ÉTUDIANT"

(PRISE DE POSITION SUR LES ACTUELLES LUTTES EN FRANCE - 24 MARS 2006)

 

 

 Esclave stoïcien, l'étudiant se croit d'autant plus libre que toutes les chaînes de l'autorité le lient. Comme sa nouvelle famille, l'Université, il se prend pour l'être social le plus "autonome" alors qu'il relève directement et conjointement des deux systèmes les plus puissants de l'autorité sociale: la famille et l'Etat. Il est leur enfant rangé et reconnaissant. Suivant la même logique de l'enfant soumis, il participe à toutes les valeurs et mystifications du système, et les concentre en lui. Ce qui était illusions imposées aux employés devient idéologie intériorisée et véhiculée par la masse des futurs petits cadres.

"Le grand battage médiatique autour du dit "mouvement étudiant" ne peut nous faire oublier cette chose essentielle qu'il n'existe pas de mouvement étudiant, que celui-ci n'a jamais existé et ne saurait exister. Et cela pour une raison : c'est qu'il n'existe ni classe ni projet social étudiant !"

 

 

Depuis quelques semaines, des centaines de milliers de "jeunes" (qui ne sont pour le Capital qu'autant de marchandises/forces de travail en formation et qui devront jouer des coudes pour se vendre, une fois soumis aux lois de la concurrence sur un marché du travail déjà amplement saturé !) et de moins "jeunes" prolétaires que la bourgeoisie se plaît à nommer des "déclassés" et "précarisés" (chômeurs, smicards, RMIstes, intérimaires, etc.) descendent dans la rue pour crier leur refus de la misère, cette misère qu'ils sont condamnés à vivre toujours plus intensément en cette période de crise, d'austérité, de restructurations, etc. Pour imposer (même très faiblement !) la satisfaction de leurs besoins, ces prolétaires, non encore complètement (ou plus du tout !) intégrés à l'appareil productif, s'affrontent à l'Etat, à ses forces de l'ordre : ses flics, ses syndicats, ses assistants sociaux, ses journalistes, etc.

 

 

L'actuelle lutte "contre le CPE/CNE" (Contrat première embauche/ Contrat nouvelle embauche) en France s'inscrit dans un mouvement plus vaste contre les mêmes mesures d'austérité, de rigueur, de baisses de salaires, d'augmentation de notre exploitation, de l'extorsion de plus-value et autres saloperies que la bourgeoisie est obligée de nous imposer pour maintenir à flot le navire capitaliste qui chavire ! Pour mémoire, rappelez-vous les luttes "contre le CIP" (Contrat d'insertion professionnelle) en mars... 1994 ! Nous ne pouvons nous empêcher de reprendre les mots que de jeunes prolétaires de Nantes ont écrits à l'époque dans un de leurs tracts (intitulé "Un mouvement à tout casser !") : "Ce monde n'a rien à nous offrir, avec ou sans diplômes, que la violence du mépris et de l'exploitation. A la faveur du mouvement antiCIP, nous sommes de plus en plus nombreux à avoir manifesté dans la rue notre refus de cette violence-là. L'épreuve de force engagée dépasse largement la question du CIP. Les manifestants ont retrouvé dans la rue la répression et la solidarité, ils ne doivent oublier ni l'une ni l'autre. Tous les casseurs, de vitrines, de flics et de CIP sont nos camarades. NI JUGES, NI PRISONS N'ARRÊTERONT NOS RÉBELLIONS ! LE CIP EST MORT, ANTI-CIPONS ENCORE ! NI CHOMAGE, NI ESCLAVAGE SALARIÉ !"

 

 

"CE N'EST QU'UN COMBAT, CONTINUONS LE DÉBUT !"

 

 

OUI ! Nous n'en avons rien à foutre du CPE ou de la défense du Code du Travail bourgeois ; nous n'en avons rien à foutre de passer notre vie au chômage ou à bosser comme des esclaves salariés. Les plans d'austérité et de renforcement de notre misère concoctés par la bourgeoisie n'ont rien "d'original" ! Ils sont à chaque fois une énième version des nécessaires mesures qu'elle doit nous imposer pour relancer son taux de profit ! En cela, la réponse des prolétaires à ces attaques directes contre leurs conditions de survie ne présente pas de contenu plus "moderne" qu'à chaque fois que notre classe a pris les armes pour défendre sa peau et affronter les forces de l'ordre du vieux-monde !

 

 

Mondialement comme historiquement, la bourgeoisie, toutes fractions confondues, n'a qu'une seule et unique politique à offrir au prolétariat : le serrage de ceinture ! De la gauche à la droite, le programme est toujours le même ! L'avenir qu'ils nous promettent, c'est l'austérité, la misère, le chômage, l'esclavage salarié et... la GUERRE ! Mondialement comme historiquement, le prolétariat ne peut répondre qu'en reprenant ses armes de classes : la lutte intransigeante pour la défense de ses intérêts égoïstes de classe, la grève, l'émeute, le pillage, la destruction de la marchandise, l'organisation des minorités révolutionnaires, la décantation des perspectives de renversement de cette société de misère, l'affrontement à l'Etat, l'insurrection... la RÉVOLUTION !

 

 

La lutte du prolétariat s'exprime donc à différents niveaux de matérialisation, de rupture avec l'ordre bourgeois. Il est clair que dans une période encore globalement marquée par la contre-révolution, le niveau de notre affrontement à l'Etat ne peut qu'être fortement marqué par les scories du monde de la séparation. Jusque dans ses luttes, même si celles-ci sont une tentative pratique de faire éclater tous les carcans, le prolétariat porte encore cette dynamique de la parcellisation. Ainsi en est-il du dit mouvement "étudiant", de la lutte "des jeunes" ! Cette division du prolétariat en catégories, en secteurs "particuliers" (jeunes/vieux, chômeurs/travailleurs, banlieusards/citadins, immigrés/autochtones, etc.) ne permet pas encore de produire un réel saut de qualité dans nos luttes, de faire émerger de fortes minorités classistes, des avant-gardes capables de se réapproprier nos ruptures historiques, etc. Car derrière toutes ces catégories et ces divisions, il n'y a bel et bien qu'une seule réalité de classe : l'attaque bourgeoise de nos conditions de survie et la réponse prolétarienne qui en est le produit !

 

 

La lutte de cette frange plus jeune du prolétariat (en France comme partout dans le monde, sous le soleil noir du capitalisme) s'inscrit également dans la dominante qui caractérise toujours plus profondément les éruptions de notre classe. Les éléments les plus jeunes (et même très jeunes !), les moins intégrés à l'appareil productif, les moins liés à la défense d'un outil de travail, d'une entreprise particulière, ceux qui n'ont comme seul terrain de lutte que la rue, bref des "jeunes" prolétaires précisément se montrent les plus combatifs, ce sont eux qui relèvent plus rageusement et impatiemment la tête !

 

 

Aux jeunes prolétaires "étudiants" et "lycéens" qui s'engage dans la lutte, qui occupent leurs facs et leurs bahuts, qui manifestent, bloquent les gares et mènent des actions directes contre des boîtes d'intérim (par exemple), nous leur disons que ce n'est pas suffisant. Remettez l'ensemble de cette société de mort en question ! A quoi sert l'école dans laquelle vous galérez sinon à vous préparer au rythme infernal du travail ! Levés tôt, couchés tard, en rangs ou pas en rangs mais parqués entre quatre murs, huit heures par jour, avec à la clé contrôles, sanctions, exclusions... comme au travail, comme au chômage ! De nous, l'école fait des machines bien rodées, aimant la discipline, soumises au petit-chef, tenant la concurrence de tous contre tous comme unique horizon. Ce qu'on apprend ? Le dégoût de tout apprentissage, l'ignorance, le manque d'amour, de solidarité... Ils nous mentent, ils nous étouffent en faisant de nous de gentils petits pions voués à n'exister que pour faire du fric.

 

 

Dans chaque lutte du prolétariat se trouve déjà la perspective du communisme ! Ce danger, ce spectre hante la bourgeoisie de manière historique, et même plus fortement encore de manière cyclique. Elle le comprend très bien car à chaque coup, à chaque révolte de "jeunes" prolétaires, elle nous ressert, par la bouche d'égout putride d'un de ses politiciens ou sociologues faisandés, son plat réchauffé de "Mai 68" ! Et c'est vrai qu'elle s'inquiète, elle s'angoisse, elle pète de trouille, elle craint de plus en plus par ces temps difficiles une "explosion sociale" plus forte que les précédentes ; le véritable cauchemar de la bourgeoisie, c'est la réaffirmation avec force de la lutte des classes dans une période où globalement, surtout depuis la chute du mur à l'Est et la faillite d'un modèle de gestion, la bourgeoisie nous a fait croire à "la fin de l'histoire", à la "fin des antagonismes", à la pérennité du règne de sa Démocratie !

 

 

De manière générale, beaucoup de luttes aujourd'hui dépassent la vision restreinte imposée par toutes les fractions bourgeoises confondues. Jusques et y compris à l'intérieur de chaque mouvement, celles-ci freinent des quatre fers pour trouver une "solution", pour ébaucher une réforme et escamoter toute la subversivité potentielle d'une telle révolte, pour présenter une alternative valable, crédible,... responsable ! Le CPE aujourd'hui (comme le CIP hier) n'est que l'étincelle qui sert de catalyseur à l'émergence d'une lame de fond bien plus puissante qui s'exprime par un refus de tous les sacrifices et un rejet de toutes les organisations "ouvrières" chargées de nous les imposer ! Cette lutte contre une mesure spécifique et particulière représente une lutte contre toutes les mesures d'austérité ! Cette lutte n'est donc en rien un mouvement spécifiquement "étudiant" !

 

 

"EN-DEHORS ET CONTRE LES SYNDICATS !"

 

 

En-dehors des journées de "manifestations nationales" (cf. les promenades dans toute la France des 7, 16 et 18 mars) qui rassemblent à chaque fois des cortèges imposants de plusieurs centaines de milliers de manifestants, des manifs plus minoritaires, des occupations, des blocages de gares, des actions directes contre divers objectifs se multiplient contre le contrôle direct des syndicats. Ceux-ci doivent littéralement courir après le mouvement en organisant de grands cortèges afin d'assumer leur tâche primordiale : casser la lutte en canalisant les mécontentements sur des objectifs raisonnables et surtout négociables, séparer les prolétaires radicaux de la masse !

 

 

La fonction de toujours des syndicats se révèle plus ouvertement dans ces moments de lutte, par leur empressement à éteindre l'incendie social ! Les syndicats, dont le rôle est précisément de prévenir ce genre d'explosion, de servir de tampon et au besoin d'encadrer toute expression autonome de notre classe, tentent de freiner la lutte en feignant d'organiser ce qui les dépasse ! Les syndicalistes n'ont plus vraiment la cote, le mouvement se déroule en-dehors d'eux. Mais derrière ce simple rejet des syndicalistes, s'exprime bien sûr clairement l'une des grandes limites du mouvement : la tolérance vis-à-vis des syndicats et non pas la lutte à mort contre ces pompiers sociaux ! Les "jeunes" prolétaires n'ont pas eu la force de se réapproprier la totalité des leçons tirées précédemment par notre classe ! S'organiser en-dehors des syndicats et de tous les appareils d'Etat (coordinations, conseils, etc.), ne suffit pas ! C'est surtout CONTRE eux qu'il faut mener sa lutte ! C'est de façon ultra-minoritaire que des prolétaires plus organisés désigneront plus clairement les syndicats comme des ennemis irréductibles qu'il faut abattre !

 

 

Voilà pourquoi, les syndicats peuvent néanmoins exercer presque impunément leur sabotage en appelant systématiquement à chaque fin de manif à la dispersion, en dénonçant les prolétaires les plus déterminés à prolonger la lutte et en indiquant aux flics QUI réprimer ! Cette division du travail entre les différents appareils d'Etat permet à la répression de s'abattre sur nous ! Les syndicats dévoilent ainsi encore plus clairement et ouvertement leur véritable fonction : saboter nos luttes ! ORGANISONS-NOUS EN-DEHORS ET CONTRE LES SYNDICATS !

 

 

En tant que militants communistes, nous ne pouvons faire l'économie d'une critique du mouvement actuel. Ses faiblesses ne sont pas spécifiques à la France, mais touchent tout le prolétariat dans cette période encore fortement marquée du sceau de l'individualisme, de la résignation, de la soumission, de l'absence de perspectives révolutionnaires claires, etc. La faiblesse actuelle de l'affrontement entre le prolétariat et la bourgeoisie, entre les deux projets, communisme contre capitalisme, laisse la place à l'aile gauche de la bourgeoisie, à la social-démocratie, pour occuper tout le terrain ! Jusque dans les faibles tentatives du prolétariat de faire réémerger son programme historique (l'abolition définitive des sociétés de classe et l'avènement de la véritable communauté humaine mondiale), nous sommes confrontés à la force d'inertie que fait encore peser aujourd'hui la contre-révolution, à sa capacité d'intégrer nos luttes, et au besoin d'en prendre la tête pour mieux les contrôler et les vider de toute substance subversive ! C'est là la tâche essentielle de tous les partis de la social-démocratie et de ses syndicats !

 

 

L'un des contenus de cette stratégie de la bourgeoisie, c'est la tendance à la personnalisation des cibles de la lutte ! A la lutte des prolétaires contre les mesures d'austérité, la bourgeoisie répondra toujours en envoyant ses gauchistes et ses syndicalistes pour dévier le mouvement d'une lutte potentiellement globale contre la misère, contre le salariat vers son contraire : le renforcement de cette misère ! En sabotant toutes les tentatives d'extension de la lutte à d'autres secteurs du prolétariat, les gauchistes désignent d'autres cibles dont le prolétariat n'a rien à foutre ! Aujourd'hui encore, ils ramènent la lutte de notre classe à la très gauchiste alternative politique : "Villepin démission !", en personnifiant, en diabolisant quelques bourgeois cooptés par l'être anonyme qu'est le Capital ! Après l'"anti-sarkozyisme" (très à la mode durant la récente "crise des banlieues"), c'est maintenant l'"anti-villepinnisme" qui fait fureur, mais cela ne résout rien quant à nos perspectives de lutte ! Derrière le sinistre personnage du "premier flic de France" ou du plus "avenant" et présentable "premier de la classe", c'est tout le programme impersonnel de cette société anonyme "Capital" qui doit s'appliquer avec rigueur, et qu'eux, leurs prédécesseurs et leurs successeurs (de gôche comme de droite ou de l'extrême centre) appliquent, ont appliqué et appliqueront ! L'action des sociaux-démocrates consiste donc à pousser le prolétariat à soutenir un autre projet de gestion du Capital, soit à changer d'équipe gouvernementale, en repolarisant entre la gauche et la droite, et non pas entre les deux projets de classe antagonistes !

 

 

La forme que prend généralement cette reprise en mains et qui se retrouve dans toutes les luttes actuelles, c'est ce que nous appelons globalement le parlementarisme ouvrier ! Même lorsque des luttes éclatent sur base d'une rupture formelle avec les syndicats, même si un certain niveau de violence est assumé par les prolétaires, jamais cette rupture n'est consommée globalement, poussée jusqu'à ses ultimes conséquences : càd s'organiser non pas seulement en-dehors des syndicats, mais aussi CONTRE eux ! Ce qui signifie rompre radicalement non seulement avec des organisations, mais surtout avec une PRATIQUE : le syndicalisme !

 

 

C'est cette pratique du démocratisme, de l'assembléisme, du fétichisme de la massivité dans les structures de luttes qui marque véritablement un frein à l'extension et à la radicalisation des luttes ! Si les prolétaires rejettent les syndicats, cela ne suffit pas puisqu'ils reproduisent au sein de leurs "coordinations" la même pratique syndicale, réformiste, etc. L'émergence des "coordinations", la tenue de larges AG ouvertes à tous, ne signifie rien d'autre que la pratique du syndicalisme sans syndicat ! Les AG, avec leur "magie" des délégués "élus et révocables à tout moment", n'ont jamais constitué aucune garantie formelle quant à la "pureté" de la lutte. Historiquement, notre seule garantie, c'est notre pratique sociale intransigeante en opposition à cette société de malheur. Ce n'est jamais la forme qui prime, mais toujours le contenu ! Notre lutte réelle contre tous les aspects du rapport social s'oppose violemment à la mise en valeur d'un Capital purifié, éradiqué de ses aspects "négatifs", ce qui non seulement constitue une impossibilité, mais est une utopie réactionnaire !

 

 

En outre, le démocratisme ambiant dans ce genre de coordinations et autres AG fait que tout le monde peut s'exprimer "librement", les grévistes comme les anti-grévistes ! A quoi cela rime-t-il de voter de grandes résolutions "très radicales" (comme "en finir avec le capitalisme") si le prolétariat ne casse pas les forces d'inertie qui bloquent l'extension et le développement de la lutte ! On ne discute pas avec les "jaunes", les briseurs de grèves et on les laisse encore moins s'exprimer : on leur casse la gueule et on les fout dehors ! C'est cela la véritable violence prolétarienne ! Toute notre histoire de classe est marquée du sceau d'une telle pratique ! Il faut briser ce fétichisme de la majorité, qui n'est que circonstanciellement en notre faveur, et peut se retourner contre nous suivant le rapport de force. Si demain une majorité se dessine contre les besoins de la lutte, alors il faudra aussi se plier à sa loi !

 

 

NON ! Nous revendiquons justement tout ce qui va à l'encontre de ce fonctionnement, tout ce qui rompt avec ce pacifisme bêlant et syndicaliste qui se développe dans la lutte. Notre mouvement, c'est la rupture avec la grève les bras croisés, la grève social-démocrate. Nous revendiquons les aspects de rupture contre la social-démocratie qui met toujours en avant "l'unité à tout prix", nous poussons au travail de fraction, en appuyant le développement des positions communistes pour dégager des minorités d'avant-garde et éviter le nivellement démocratique par le bas. Nous soulignons, revendiquons et tentons de centraliser tout ce qui rompt avec le modèle social-démocrate des masses qui défilent en rangs d'oignons, qui font non pas grève, mais s'arrêtent de travailler, ce qui correspond (que la majorité des protagonistes le veuillent ou non !) au fonctionnement normal du capital. Notre communauté de lutte n'a rien à voir avec cela, notre communauté de lutte, là où le prolétariat retrouve sa force collective et son identité, c'est dans la rupture avec tout ce cirque. Camarades, revendiquons, encourageons, dirigeons les pillages, sabotages, piquets volants, fraternisations,...

 

 

Toutes ces revendications demandant le "retrait du CPE" ou contre des "emplois au rabais" n'attaquent nullement la valeur, mais au contraire la renforce puisque la bourgeoisie peut aisément faire quelques concessions sur le salaire nominal ou le partage du temps de travail qui renforceront toujours notre exploitation. Dans un contexte de luttes beaucoup plus radicales, l'augmentation de salaire (relatif et non nominal) devra être un mot d'ordre révolutionnaire contenant les germes du programme communiste d'abolition du salariat par une diminution drastique du temps de travail. A ce moment-là, il ne s'agira pas de "demander" une augmentation de salaire, mais d'imposer par la force et la solidarité prolétarienne, la dictature de notre classe sur celle du profit.

 

 

"Ce à quoi on renonce dans le travail ne nous est jamais rendu."

 

 

La lutte est un rapport de force, ORGANISONS-LE :

 

 

• continuons la grève, empêchons la reprise des cours, • mobilisons-nous dans toutes les grèves et appelons à la grève générale, • bloquons la circulation des marchandises aux carrefours, gares, aéroports, etc., • bloquons la production en organisant des piquets devant les usines, les bureaux, les lycées...

 

 

Aucun sacrifice ! L'économie est malade, qu'elle crève ! A bas la paix sociale !

 

 

Syndicats = briseurs de grèves ! Organisons-nous en-dehors et contre eux !

 

 

Rien à foutre du CPE, des "emplois au rabais" et du "Code du Travail" ! A bas le travail ! Généralisons la lutte à tous les secteurs du prolétariat ! A bas l'exploitation ! A bas le capitalisme !

 

 

A la violence de l'Etat, opposons la violence prolétarienne ! Sortons des banlieues, sortons des manifs-promenades, sortons des AG, sortons, sortons...

 

 

On veut tout et tout de suite ! A bas l'esclavage salarié ! Vive la révolution sociale mondiale !

 

 

Détruisons ce qui nous détruit ! Organisons-nous pour nous défendre contre le capital et son Etat !

 

 

Force contre force ! Prolétariat contre bourgeoisie !

                                                        NOSOTROS Email : nosotros_1234@yahoo.fr

 

 

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Vendredi 21 avril 2006

Compte Rendu de la  3ème Assemblée Populaire du  vendredi 7  Avril

Article 35 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1793 :

 

Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.

 

  

 

L’assemblée populaire est un rassemblement  de personnes qui délibèrent sur leur liberté. N’importe qui peut y participer. Elle peut se dérouler n’importe où.

 

 

(Ce texte est subjectif, il a été écrit d’après l’assimilation sélective d’un individu doté d’une opinion sur les évènements en cours, ce n’est qu’un support à la réflexion et à l’information soumis à des rectifications, confirmations et infirmations ultérieures apportées par quiconque.)

 

  

 

Pour la première fois l’assemblée s’est tenue hors les murs de la faculté, place de la Victoire à Bordeaux. L’assemblée a néanmoins commencé en retard (19h30 au lieu de 18h30) à cause de l’installation. Nous avons dû également nous rabattre devant les marches de Bx2 à cause d’un problème de nuisances sonores (mégaphone en panne).

 

Il nous est apparu nécessaire de trouver un lieu plus adapté à ce niveau là pour les prochaines fois.

 

Toutefois, si nous étions moins nombreux que la dernière fois (au plus 40 personnes) la mixité (chômeurs, salariés, étudiants) s’est renforcée.

 

 

L’échange s’est déroulé sous la forme d’un cercle de parole pendant 1h30 et a été suivi d’un repas organisé avec la dînette ambulante (soupe paysanne) et les étudiants de Bx2 pour le barbecue (cuisine autogérée à prix libre). C’est dans le salon (canapés, matelas…) que nous avions installé sur le pavé que s’est terminée la petite fête spontanée et conviviale qui a réuni près de 150 personnes dont de nombreux grévistes de Bx3.

 

 

 

 

 

Liens, informations, démultiplication des forces : 

Il a été souligné que nous devrions oeuvrer afin que les expériences de ce style se reproduisent au maximum en lieux et en temps.

 

Des propositions ont été faites afin d’aller dans ce sens :

 

-   créer des assemblées populaires devant les entreprises où les salariés sont menacés (exemple de Solectron)

 

-   lier contact avec le FSL33(front social local) qui ont une réunion le lundi 10 à 20h à Cap Sciences(site : http : //FSL33.apinc.org, Alain:adonnart@free.fr). Un expert travaillant avec eux se propose pour contacter des gens (par exemple un spécialiste de Cornélius Castoriadis) pour venir faire des conférences ou participer aux assemblées populaires.

 

-   continuer d’approfondir les échanges avec AC (à lire les textes à la rédaction desquels Lulu a participé)

 

-   lien avec la faculté d’architecture (pôle université populaire:ben0454@aol.com) en grève depuis peu qui développe une réflexion similaire mais ont des difficultés à se joindre au mouvement

 

  

 

 

Le travail placé au centre de notre société :

 

             Il a été de nouveau souligné comment la folie de nos vies est générée par un travail au service de profits et de marchandises inutiles (par exemple un nouveau shampoing ou les besoins comme le Mp3 créés artificiellement par le progrès technologique) dans un climat de concurrence et de pressions permanentes (horaires et conditions de travail).

 

            Pour inventer une société basée sur la solidarité,l’humain et non la marchandise et le travail, quelqu’un a répété que cela passe par une déconstruction énorme de ce qui nous est inculqué partout et depuis tout petit. Quelqu’un s’est exprimé notamment sur la cloison existant entre travail et loisir.

 

 

            Alors que certains revendiquent le « droit à la paresse », d’autres affirment que le travail pourrait être l’épanouissement de l’individu s’il est considérée comme une activité choisie et non un travail « obtenu par la prière » (c’est la définition de précaire). La liberté passerait par la création d’activités non centrées sur le profit économique et la marchandise. Deux exemples  ont été donnés : créer une cantine autogérée, engager une réflexion politique dans une association .Il s’agit d’exemples concrets choisis et réalisés par des individus qui soulignent qu’ils ne comptent et ne subissent pas le temps qu’ils y impliquent. Un parallèle a été indiqué avec la teneur de base de l’activité artistique.

 

 

             Deux personnes se sont proposées pour réfléchir ensemble afin d’écrire un petit topo sur le salariat et le revenu d’existence qu’ils pourraient proposer en début de l’assemblée populaire de mardi 11.

 

 

 

 

 

 

La remise en cause de la parole et du savoir des spécialistes :

 

            Le souci de la réflexion tourne toujours autour de comment supprimer le rapport hiérarchique maître-élève, comment croiser nos connaissances et comment faire pour qu’un plus grand nombre s’intéresse à cette émancipation de chacun.

 

 

            Quelqu’un a proposé de multiplier les allers-retours de l’université populaire dans/hors la fac. Nous pourrions inventer une sorte de faculté ambulante dans un souci de proximité et d’effort vers les gens.

 

 

            Il a été rappelé l’expérience de Jacotot à la fin du 19ème siècle (à lire les ouvrages de J.Rancière sur le sujet dont le Maître ignorant disponible dans la bibliothèque de grève devant la b.u. de Bx2). Un autre auteur a été indiqué sur le sujet : Jacob Robert Schmidt, ouvrage le maître camarade…

 

Prochaines assemblées populaires :

 

Mardi 11 avril 18h15 :
Rdv à quiconque devant la faculté Bx2 pour décider ensemble du lieu

 

Jeudi 13 avril 18h30

 

 En fonction de l’actualité les lieux et horaires sont susceptibles de changement. Il est également possible que le nombre des assemblées se multiplie. Alors n’attendaient pas que l’information vienne à vous. Mobilisez-vous !

 

 

 

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Vendredi 21 avril 2006

 ( Bordeaux II – Victoire )

 

Thème de départ : création d'une université populaire.

 

En présence : d'étudiants, de chômeurs et de salariés.

 

Le thème de départ a été élargi au cours des discussions qui se sont déroulées en 3 temps.

 

 

 

 

·       Questions et propositions soulevées dans l'assemblée ( une soixantaine de personnes réunies dans un amphi ) :

 

 

 

 

 

-Qu'entendons-nous par « Populaire » (avec qui, en direction de qui, qui sommes nous ? ) ?

 

 

-Redéfinition du savoir en tant que matériel (ateliers pratiques) et/ou universitaire (cours)

 

 

-Réfléchir ensemble comme un des buts de l'assemblée (le savoir s'oppose-t-il à la réflexion ?)?

 

 

-But de l'enseignement (être adapté au travail ? Peut-on en sortir? ) ?

 

 

-Ne pas être éduqués pour : consommer, travailler et dormir!

 

 

-Notion de plaisir et de désir d'apprendre

 

 

-Cette assemblée dépend pour l'instant de la bonne volonté de l'administration : comment envisager l'avenir ? Autogérer la fac ou déplacer l'assemblée hors-les-murs ?

 

 

-Créer de nouvelles perspectives

 

 

-Ne pas subir la gestion des spécialistes

 

 

-Décloisonnement entre : les disciplines, les personnes, les luttes.

 

 

-Nature du lien social

 

 

-Aller voir les expériences existantes (Bibliothèque du grand parc, centres sociaux ... ), les inviter ?

 

 

-Volonté de multiplier les espaces de liberté comme les S.E.L., les espaces autonomes et collectifs

 

 

-Le lieu et  la structure ? Nous aimerions que l'aventure perdure au delà de la mobilisation contre la loi sur l'( in )égalité des chances

 

 

 -Réflexion sur la façon de nous organiser du point de vue de la parole ( tours de paroles ? Petits ou grands groupes ? Possibilité de concilier les deux )

 

 

-Qui parle ? Inégalité dans la capacité à s'exprimer : quelles solutions ?

 

 

-Intériorisation des rôles, des conditions, des genres, des hiérarchies

 

 

-Le poids de l'éducation, de la reproduction du système social?

 

 

-Comment arriver à formuler une parole collective ?

 

 

 -Se connaître les uns les autres pour comprendre ce qu'on vit

 

 

-Croiser les experiences

 

 

-Comment vivre sans subir la pression sociale ?

 

 

-Différences entre le coût d'une formation publique ( en incluant les squelettes dans les placards comme les réinsertions sociales ) et celui d'une formation alternative.

 

 

Nous avons décidé dans un premier temps de creuser les questionnements autour de 3 ateliers-réflexion :

 

-le travail?

 

-la formation? Éducation populaire?

 

-la parole?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

·L'échange s'est poursuivi  de manière plus informelle autour d'un repas organisé en cantine autogérée (une quarantaine de personnes).

 

  

 

·Enfin, nous nous sommes regroupés (une vingtaine de personnes ) afin de discuter de la direction à suivre et nous avons décidé ces actions :

 

-cantine autogérée le vendredi 7 pour le rassemblement contre la répression policière à 12 h devant l'école de la magistrature

 

  -regroupement des informations en vue d'une diffusion élargie lors de ce rassemblement et des autres rendez-vous :

 

 

 

  

 

 Prochaines assemblées populaires :

 

 

 

-vendredi 7 à 18 h30, à la Victoire, suivi d'un barbecue à 21 h ( le choix de l'horaire répond à un souci d'ouverture aux salariés ).

 

 

 

 

 

 Ce sera l'occasion de répertorier les liens possibles avec les diverses associations et autres organisations déjà existantes et en rapport avec les sujets débattus (université populaire du Grand parc et les différentes formes de théâtre qui intègrent une réflexion avec le public)

 

- mardi 11 à 18h30

 

 

- jeudi 13 à 18h30

 

 
Le choix du lieu restant à déterminer et les horaires étant susceptibles de changer, nous vous invitons à rester informés (atrium de Bordeaux 2)

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Vendredi 21 avril 2006

PUBLICATION OUVERTE et COPYLEFT


Une définition de la « publication ouverte » :

 

La « publication ouverte » signifie que le processus pour créer des nouvelles est transparent pour les lecteurs. Ils peuvent écrire un article et voir que celui-ci apparaît immédiatement dans la liste des articles publiquement disponibles. Ces articles sont filtrés le moins possible pour aider les lecteurs à trouver les articles qu'ils veulent. Les lecteurs peuvent voir les décisions de rédaction telles qu'elles sont faites par d'autres. Ils peuvent voir comment s'impliquer eux-mêmes et aider à prendre des décisions de rédaction. S'ils pensent à une meilleure solution logicielle pour aider à former des décisions de rédaction, ils peuvent copier le logiciel parce qu'il est libre et le modifier pour démarrer leur propre site. S'ils veulent redistribuer les nouvelles, ils le peuvent, de préférence sur un site de « publication ouverte ».

 

La  publication ouverte  suppose que le lecteur est intelligent et créateur et qu’il pourrait vouloir être un auteur, un journaliste, un éditeur, un artiste, un distributeur, et même un programmeur de logiciel. La  publication ouverte  suppose que le lecteur peut distinguer une histoire merdique d'un bon article. Qu’il puisse trouver ce qu'il cherche et aider d'autres lecteurs cherchant sur la même piste.

 

 

Le délire total :

 

La « publication ouverte », c'est la même chose que le « logiciel libre ».

 

Ce sont deux réponses (r)évolutionnaires à la privatisation de l'information par des monopoles multinationaux. Pour le logiciel c'est Microsoft. Pour l'info,c'est CNN. Pour le logiciel et l'info c'est Time Warner - AOL.

 

Le « logiciel libre » est un cadeau à l'humanité. Si vous avez un morceau de  logiciel libre, vous pouvez le donner à quelqu'un d'autre gratuitement. Vous pouvez faire payer pour ce logiciel libre, mais une fois que quelqu'un d'autre a une copie, il peut donner autant de copies qu'il veut. Donc le logiciel libre vient le plus souvent gratuitement. On peut l'appeler la bière gratuite. Mais le logiciel libre ce n'est pas seulement ça. Le logiciel libre est aussi libre que la liberté de parole, pas juste la bière gratuite.

 

Il s'agit de la liberté du logiciel. Un mouvement de libération du logiciel. Le code source, le code génétique, la mécanique interne est ouverte à d'autres pour consultation (d'où vient que le logiciel libre est aussi appelé « source ouverte »). Donc d'autres peuvent le prendre et le changer et transmettre leurs changements à d'autres gens. Le produit est librement disponible et le processus de production est libre et transparent.

 

Si quelqu'un ne l'aime pas, il peut le prendre et le modifier. Une chose qu'il ne peut pas changer est sa liberté. Les seules conditions attachées sont là pour empêcher les gens de le retenir prisonnier. On appelle GNU COPYLEFT ces conditions de liberté, c'est une belle subversion de la loi sur le copyright qui garantit la liberté pour un morceau de code et toutes ses mutations.

 

 

Les moyens sont la fin. Le voyage est la destination :

 

Microsoft ne trouve pas cette plaisanterie très drôle. Microsoft est une des plus grandes sociétés dans le monde. Microsoft dépense des milliards de dollars pour payer des programmeurs pour garder leur logiciel bien fermé et ses composants secrets.

 

Le logiciel libre est essentiellement écrit par des volontaires. C'est le logiciel libre qui fait tourner Internet, et pas Microsoft. Le nombre et la diversité des gens utilisant le logiciel libre va s'accélérant.

 

Microsoft répond d'habitude à de telles menaces en les rachetant et les assimilant. Mais le logiciel libre ne peut pas être privatisé. Le logiciel libre n'est pas avare avec son code génétique. Le logiciel libre se diffuse lui-même comme un microbe bienveillant après un saut évolutionnaire.

 

Le logiciel est l'information. Comme l'actualité. Comme les opinions. On peut facilement le copier et le partager. Peut-être l'information veut-elle être libre ? Dans le système d'information mondial multinational dominant, les nouvelles ne sont pas libres, les nouvelles ne sont pas ouvertes. C'est très cher. C'est fortement dissimulé.

 

Pour voir les nouvelles vous devez payer de l'argent ou de votre temps passé à regarder des pubs (d'habitude pour des voitures) ou les deux. Pour créer les nouvelles vous devez payer très chers des consultants en relations publiques. Pour écrire les nouvelles vous devez vous soumettre aux valeurs de l'information d'entreprise, écrire vos articles sur une chaîne de production, pour l'impact publicitaire maximum et pour coût minimal. Pour éditer les nouvelles vous devez être un service de fil d'actualité du marché boursier mondial ou une société de médias multinationale. Pour distribuer les nouvelles vous devez avoir une des 6 tours de transmission TV dans une ville de millions d'habitants.

 

Les sociétés de médias supposent que les téléspectateurs sont stupides. Dans leurs yeux le plus grand créateur potentiel total d'audience ce sont les Funniest Home Video [marque US : les Vidéos Domestiques les Plus drôles ]. Les gens créateurs n'achètent pas ces trucs, ils font leurs propres trucs. C'est un problème pour des multinationales de médias. Elles n'ont pas confiance en la capacité créative de leur audience. Cela pourrait être mauvais pour des profits, mauvais pour les salaires des dirigeants.

 

Mais c'est bien comme ça. L'audience n'a pas confiance dans les médias d'entreprise non plus.

 

Cette situation a mené à une confusion effrénée et à l'aliénation de la société. Nous sommes déconnectés de nous-mêmes et de notre écologie. Notre planète fonctionne plus que jamais auparavant comme un écosystème global en raison de la nature globale de l'activité humaine, cependant les gens n'ont pas de moyens de communication les uns avec les autres. Des problèmes systémiques restent invisibles à des milliards de gens et restent sans solution. Seules les questions qui font vendre de la pub ou engraissent la Bourse ont un impact global fiable en tant qu'information.

 

Ce que nous avons est un système très complexe dans lequel les gens ont récemment acquis un pouvoir énorme mais ils n'ont pas encore également le réseau puissant d'infrastructure de communication qui va avec. Nous n'avons aucun réseau neuronal pour traiter l'information. Pas tant un village global qu'un mégaphone global.

 

Puis Internet a été ajouté aux outils de communications globaux. Si vous pouvez lire Internet, vous pouvez aussi y écrire. Si quelqu'un d'autre a raconté une histoire sur Internet, vous pouvez choisir de l'entendre. Il y a un flux d'information entre Internet et les autres systèmes de communication : le téléphone, la TV, la radio et les journaux, constituant ainsi un réseau de transfert de l'information beaucoup plus équilibré. C'est un village global dans lequel vous pouvez vous extraire de l'embouteillage et rencontrer des gens dans la rue électronique et avoir une conversation.

 

Internet rend possible la publication ouverte à l'échelle de la cité et à l'échelle du monde. Les citoyens ont finalement l'accès à la même communication globale bilatérale, à bon marché et puissante, que celle à laquelle des gouvernements coloniaux et des multinationales ont eu accès pendant des siècles.

 

La publication ouverte est à l'opposé du spectre de confiance par rapport aux médias d'entreprise. Nous ne travaillons pas pour convaincre les gens que c'est une bonne façon de faire des choses mais nous fournissons un espace dans lequel les gens pourraient décider par eux-mêmes.

 

 

Le voyage est la destination :

 

La publication ouverte n'est pas nouvelle. C'est une réinvention électronique de l'art antique des conteurs. La publication ouverte est le logiciel libre. C'est la liberté d'information, la liberté pour la créativité.

 

Que deviendra le journalisme d'investigation ? Comment les gens donneront-ils une perspective de l'étranger ? Qu'est-ce qui fournira le sens de la vue d'ensemble, la connexion et l'identité commune ? Quelqu'un sera-t-il payé pour son travail ? Qu'est-ce qui arrivera aux films de cinéma ? Aux musiciens ? Où conduiront ces efforts continus faits par des centaines de gens ?

 

J'espère que le logiciel libre a déjà répondu à ces questions que pose la publication ouverte. Et aussi en partie Indymedia et des milliers d'autres sites Web de publication ouverte. La publication ouverte reprend simplement une tendance existante et l'identifie, l'amplifiant et l'appliquant stratégiquement aux points faibles dans les monopoles globaux de pouvoir et d'information.

 

Les pyramides inspirent la crainte. Elles ont été aussi construites par le travail d'esclaves. Nous avons évolué en tant qu'espèce. Nous pouvons faire beaucoup de choses étonnantes sans ces techniques brutales d'esclavage égyptien. Nous pouvons nous passer de nouvelles pyramides.

 

Nous sommes au milieu d'une extinction massive des espèces. Nous devons imaginer comment vivre en harmonie avec l'écosystème de cette planète avant que l'écosystème n'entre dans une boucle de réaction négative et tue les formes de vie par milliards. Nous n'allons pas arriver à ces fins en sacrifiant nos vies pour les automobiles, en négociant nos droits de l'homme contre des chaussures, en tuant nos gens au service l'industrie pharmaceutique, en cachant notre créativité au service des multinationales.

 

Nous pouvons faire mieux. Oubliez les pyramides. Contournez la domination du monde.

 

Le logiciel libre câble le globe. La publication ouverte pourrait juste nous aider à utiliser ces fils pour sauvegarder la planète.

 

Texte de M.Arnison publié Mars 2001/ récupéré sur le site IMC-Marseille/ retouché par le collectif Onarretetout

 

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Lundi 17 avril 2006
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Lundi 17 avril 2006
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